Nucléaire : effet d’annonce...

Bien que le gouvernement se soit engagé à réduire la part du nucléaire en France, le mardi 13 janvier, dans une interview à l’Usine nouvelle, Ségolène Royal ministre de l’Écologie a déclaré : « Il faut programmer la construction d’une nouvelle génération de réacteurs qui prendront la place des anciennes centrales lorsque celles-ci ne pourront plus être rénovées. »

La France compte 58 réacteurs nucléaires produisant de l’électricité dans 19 centrales nucléaires. 36 réacteurs ont été mis en service depuis 30 ans ou plus, soit 62 % du parc. Alors que le coût du nucléaire a explosé, pour pouvoir prétendre que l’électricité nucléaire était « bon marché », et même « la moins chère du monde », les nucléocrates ont repoussé dans le temps les lourdes factures inhérentes à cette industrie. Mais l’heure des comptes a sonné.
Comme le souligne Stéphane Lhomme de l’Observatoire du nucléaire : « Annoncé à 55 milliards, le coût de ce programme sera probablement de 100 ou 150, voire 200 milliards ». Dans le nucléaire, les factures réelles sont toujours beaucoup plus lourdes qu’annoncé, comme le démontre le réacteur EPR de Flamanville (Manche), dont le coût est passé de 2,8 milliards au départ à près de 10 milliards aujourd’hui, en attendant les factures finales... Il est désormais de notoriété publique qu’Areva est en situation de faillite, plombée entre autres par le chantier catastrophe de l’EPR finlandais et par l’affaire de corruption Uramin. La situation d’EdF est à peine moins dramatique, elle-même plombée par son propre chantier EPR mais aussi par la production de plus en plus massive d’électricité renouvelable en Europe.

Le danger qui dure
La construction du parc nucléaire actuel a été décidée au début des années 70 par quelques personnes, sans même l’aval de l’Assemblée nationale, financée par l’argent public qui coulait encore à flots à l’époque. « Les “élites” actuelles n’hésiteraient absolument pas à rééditer le même coup de force antidémocratique mais, cette fois, les caisses sont vides », souligne l’Observatoire du nucléaire.
Les déclarations de Royal, comme celles – identiques – de Sarkozy en 2008, sont donc parfaitement vaines et ridicules, il n’y aura pas de nouveau parc nucléaire. EdF va juste essayer de faire durer le plus longtemps possible (60 ans voire plus) les réacteurs actuels… probablement jusqu’à ce que l’un d’entre eux devienne le Fukushima français.

Commission nationale écologie

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