Ne pas laisser la production industrielle aux mains des capitalistes !

Depuis des années sont menées, par les différents gouvernements, des politiques de « compétitivité », destinées à assurer toujours plus de profits aux employeurs. Le résultat pour les salariéEs, ce sont des suppressions d’emplois, la fermetures de services publics, l’aggravation des conditions de travail, la flexibilité et la précarisation des emplois. Depuis des mois, les mobilisations des Gilets jaunes, du mouvement féministe sont venues se joindre aux luttes d’entreprises (contre les fermetures et aussi pour les salaires) et dans les services publics (santé, La Poste) ; elles révèlent une colère grandissante contre un système qu’elles remettent frontalement en cause. Elles sont rejointes par les mobilisations des jeunes et des moins jeunes sur le climat et, lentement, une partie du mouvement syndical semble comprendre la nécessité de s’engager à leur côté. 

C’est non seulement le pouvoir politique qui est mis en cause, au travers d’un mot d’ordre comme « Macron dégage », mais c’est tout un modèle, un système économique qui est ainsi, de fait, contesté, dénoncé. Même si l’organisation de la production des richesses, des échanges, de la commercialisation, au cœur du système, semble souvent être au second plan des préoccupations des centaines de milliers de manifestantEs, leur combat devrait converger avec celui des salariéEs des entreprises.

Les choix industriels, économiques, abandonnés aux mains des grands groupes capitalistes s’appuyant sur des États à leur service, déterminent en grande partie les conditions de vie ou de survie de la majorité de la population. Pour construire le rapport de forces indispensable, faire reculer le pouvoir et ses mandataires, ces mouvements doivent non seulement se rejoindre, s’élargir mais aussi être en capacité de proposer, de mettre en débat des alternatives de production, en fonction de besoins démocratiquement formulés, d’un développement durable et du respect des conditions de travail sur l’ensemble de la planète.

L’objet de ce dossier est, à travers trois secteurs essentiels de l’économie, française mais également mondiale, d’étudier de façon critique les politiques actuellement à l’œuvre et de commencer à ouvrir des pistes de production au service du plus grand nombre, et non des capitalistes.

Robert Pelletier

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