Moulins Maurel (13) : les salariés reprennent l’usine

En lutte depuis plus de deux ans pour sauvegarder leurs emplois, les travailleurs des Moulins Maurel (dans le 11e arrondissement de Marseille) occupaient l’usine depuis fin novembre 2013.

Un repreneur s’est déclaré et a été avalisé par la préfecture. Toutefois, la société Nutrixo, propriétaire du site, refuse de négocier avec lui, car elle ne veut pas voir s’établir un concurrent et surtout désire faire une opération immobilière, en vendant le terrain dans un secteur à très forte valeur foncière, à proximité d’une immense zone commerciale en extension.
Avec un gouvernement toujours plus à l’écoute des multinationales que préoccupé par l’emploi, les services de la préfecture, plus spectateurs qu’acteurs, laissent pourrir la situation et ne se risquent surtout pas à faire quoi que ce soit qui gêne Nutrixo, y compris en propageant – par l’intermédiaire de la Provence (le quotidien de Bernard Tapie) – de faux bruits selon lesquels le repreneur aurait renoncé !
Fort de cette « information », Nutrixo s’est cru autorisé à envoyer ses vigiles (les mêmes qui s’étaient signalés à Gémenos avant que les Fralib ne les expulsent de leur usine) pour chasser les salariéEs qui se relayaient devant l’usine pour en éviter le démantèlement.

« Tout est à nous, rien n’est à eux ! »
Jeudi 25 septembre à 6 h 30, 30 salariéEs des Moulins accompagnés de 50 à 60 militantEs CGT du département, ont escaladé les grilles, débloqué le portail et repris l’usine. Sans heurts, les 5 vigiles n’avaient plus qu’à plier bagage.
Plus tard dans la matinée, s’est tenu un rassemblement de 150 à 200 militantEs (CGT, FdG, NPA et quelques jeunes antifascistes…) pour annoncer que les salariéEs ne sortiraient plus tant que l’État (sous un gouvernement « de gauche ») n’obligerait pas Nutrixo à négocier. Les interventions des responsables de l’UD13, de l’UL de la Vallée de l’Huveaune, et du syndicat de la boîte étaient clairs : « L’usine est à nous », « On a repris ce qui nous appartient », « Tout est à nous, rien n’est à eux » !
Militants de l’UL, de l’UD, militants politiques… Les noms s’inscrivent peu à peu sur les listes de tour de garde pour maintenir l’usine sous surveillance, jour et nuit, alors que les vigiles reviennent régulièrement faire les gros bras devant les grilles. Le rapport de forces doit s’élever d’un cran pour forcer la préfecture à obliger Nutrixo à s’asseoir à la table des négociations.
Les travailleurs des Moulins Maurel luttent pour garder leur emploi. Ils savent bien qu’avec le repreneur, ils devront encore faire valoir leurs droits et leurs intérêts. Mais dans l’immédiat, il importe de leur apporter tout le soutien possible.

Jean-Marie Battini

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