MetalTemple (ex-SADEFA) Fumel : la colère

Après 7 semaines de grève, le bilan n’est pas à la hauteur des attentes des travailleurs et de la population fuméloise. L’usine ne va reprendre son activité (jusqu’à quand ?) qu’avec 43 salariés sur les 136 actuellement.

Ce n’est pas faute d’avoir lutté, mais les pouvoirs publics, le tribunal de commerce, ont tous laissé pourrir la situation. Seuls les travailleurs de Metal-Temple, avec la CGT de l’usine et les militants du NPA, ont tenu le pavé pour maintenir l’emploi et la sauvegarde du bassin fumélois. Ces derniers jours la tension est montée d’un cran, Pozas, le repreneur, et Costes, député-maire de Fumel, alimentant chacun à leur manière des moyens de pression pour tenter de diviser la lutte au sein des travailleurs.

Devant l’échec de cette stratégie, Costes a franchi un palier : il se situe maintenant dans le cadre de la calomnie et de la démagogie qui fleure bon l’idéologie brunâtre. Militants de la CGT, du NPA, et autres grévistes se sont vus traiter, sur FR3 Aquitaine, d’alcooliques, de voleurs et de voyous. Pas moins. Alors que le précédent PDG de l’usine est parti en laissant une ardoise de 23 millions d’euros, ce qu’aucun responsable politique du département n’a cru bon de dénoncer, c’est le monde à l’envers. Exaspéré de constater que la lutte ne faiblissait pas, que l’avenue de l’usine restait dans les mains des travailleurs, et conscient que le ridicule ne tue pas, il a été jusqu’à demander, très Maréchal nous voilà, l’intervention de l’armée. En fait il demandait une intervention musclée pour faire évacuer l’avenue de l’usine alors que cette évacuation avait été antérieurement décidée lors d’une AG à Metal-Temple, espérant sans doute manipuler la population de Fumel en lui faisant croire que son coup de gueule avait déclenché cette décision.

Aujourd’hui, 25 salariés ont repris le travail en ce début d’après-midi, la grève a donc cessé mais pas la lutte. Si l’avenue est de nouveau libre à la circulation, le combat pour les indemnités de licenciement continue car on est loin des revendications syndicales concernant les 93 salariés qui perdent leur emploi, notamment sur l’amiante et sur les jeunes qui sont entrés récemment dans la boîte. L’équipe CGT est prête à maintenir la pression jusqu’à obtention d’une amélioration sensible du plan social, le NPA continuera de soutenir ce combat.

Correspondant

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