Loi Macron : ils ont voté… et puis après ?

Le 12 mai dernier, le Sénat, dominé par la droite, a donc voté la loi Macron, passablement durcie avec l’abstention du groupe socialiste (voir l’Anticapitaliste n° 289). L’intersyndicale nationale, qui regroupe CGT, FO, FSU et Solidaires, se réunissait le même jour et a décidé de se revoir le 8 juin. Malgré le succès du 9 avril, elle a manifestement renoncé à toute nouvelle mobilisation nationale...

Même la proposition d’un communiqué de soutien aux luttes en cours (commerce, éducation, santé etc.) portée par Solidaires a été rejeté. La faute, en premier lieu, à la CGT qui joue la dispersion en lançant une campagne sur les salaires, certes en s’appuyant sur les luttes bien réelles qui existent à ce sujet (la lutte contre la loi Macron existe pourtant aussi) et renvoie toute décision à son CCN qui se tient fin mai. Les seules satisfactions, c’est que FO soit toujours dans la boucle et que soit décidée, avant l’été, une nouvelle date de mobilisation... pour septembre, après le vote de nouvelles lois rétrogrades.
Le CLIC-P (l’intersyndicale du commerce parisien) vient de faire condamner la société d’habillement American Apparel à fermer plusieurs de ses magasins ouverts illégalement le dimanche, et continue à porter le flambeau de la révolte. Un nouveau rassemblement est prévu le 3 juin prochain à l’occasion de la réunion de la Commission mixte paritaire, réunissant sept députéEs et sept sénateurs des différents groupes représentés au Parlement, qui doivent s’accorder sur tout ou partie du texte issu des débats des deux assemblées.

L’agitateur d’idée... agité !
À l’appel d’une intersyndicale large, CFDT, CFTC, CGC, CGT, FO, SUD et UNSA, les 20 000 salariéEs de la Fnac sont appelés à faire grève le 29 mai prochain, à l’occasion de l’assemblée générale des actionnaires qui devrait applaudir la mise en œuvre de la dérogation permanente de droit au repos dominical octroyé par le Sénat. Autre point positif, l’intersyndicale appelle à élargir le mouvement à l’ensemble des commerces de biens culturels comme Cultura ou Gibert.
Le projet de loi reviendra à l’Assemblée nationale en seconde lecture le 15 juin, le vote définitif étant prévu le 7 juillet. Il reste encore du temps pour décider de nouvelles actions revendicatives (pourquoi pas une manifestation en soirée alors que Macron veut nous faire travailler après 21 h ?), voire que la mobilisation se cristallise dans le secteur du commerce.

LD

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