À Grenoble, la police de Piolle se lâche contre les sans-piaules

Au moins jusqu’au 11 mai, on reste chez nous comme le dit la ville de Grenoble sur toutes les pancartes accrochées dans les rues. Oui mais pour pouvoir être confiné encore faut-il avoir un logement et pour les sans-logis ce slogan c’est uniquement du vent…

Malgré l’ordonnance du 23 mars 2020 demandant au conseil départemental de poursuivre leur accompagnement des jeunes majeurs, la vingtaine de jeunes mobilisés pendant les vacances d’hiver sont confinés par la solidarité militante. Le conseil départemental de l’Isère fait toujours la sourde oreille, les abandonnant dans une situation très difficile tant du point de vue des conditions de vie que du point de vue sanitaire.

Une police municipale qui s’attaque aux plus faibles

Même bilan du côté des sans-logis : « Confiné, j’aimerais bien et après trois amendes, j’en peux plus de ne pas avoir de lieu pour résister au virus ». Malgré la demande de l’assistante sociale qui l’accompagne, le 115 n’a pas enregistré sa demande d’hébergement. Recommencer toujours et toujours auprès des institutions pour obtenir que dalle… ou uniquement de la répression. En effet, les sans-logis stationnant au niveau de la gare reçoivent des amendes par la police municipale et pas de solution d’hébergement ; cela malgré la circulaire interministérielle en date du 31 mars qui demande à ce que les Sans-logis ne soient pas sanctionnéEs.
Des salariéEs du  Centre Culturel et d’Action Sociale (CCAS) persuadéEs que c’était la police nationale qui les avait sanctionné, ont même envisagé de payer les amendes des personnes domiciliées au CCAS…

A  6 heures du matin à un arrêt de tramway, Samira1 aide-soignante à l’hôpital qui se rend sur son lieu de travail est contrôlée par la police municipale, demandant des explications on lui rétorque « vous auriez pu faire le plus vieux métier du monde…»

Quelle honte. Mais que fait la police municipale à Grenoble à part abuser de son pouvoir et faire monter la tension ? Que fait Piolle, maire EELV soutenu par la FI, Ensemble !, Génération.s et les autres ? Comme beaucoup de politiciens, pas grand-chose…

Des inégalités sociales encore plus visibles

La politique du logement est depuis plus de 30 ans le parent pauvre de toutes les politiques publiques. Cette crise sanitaire montre à quel point la politique du logement social aggrave les conditions de vie dans les quartiers épinglés comme sensibles.  

Aucune réponse aux syndicats de locataires comme le DAL 38, la CGL 38, la CSF 38, la CSCV 38 et Indécosa CGT 38 lorsqu’ils interpellent le maire par une lettre ouverte pour exiger la réquisition des logements vides et un moratoire sur le paiement des loyers et des charges. Certaines associations du quartier de la Villeneuve constatent déjà des difficultés à joindre et se faire entendre par les bailleurs en cas de difficultés pour payer le loyer bien que les bailleurs affirment dans un courrier contacter les locataires les plus fragiles.

Dans le quartier populaire de la Villeneuve, le nombre de logements vides est très important comme dans tous les projets ANRU ; on démolit. Les habitantEs enragent toujours : « Laisser des logements vides et des SDF à la rue, je ne supporte plus ! » En plus, la lettre envoyée par les bailleurs est insupportable pour beaucoup de locataires : « Qu’est-ce qu’ils croient ? Qu’on n’a pas compris que les aides sur le loyer et les charges, c’est uniquement pour les entreprises ? » Rien ne change. La politique est toujours orientée du même côté !

Une autre locataire précise : « Je sais bien que les syndicats de locataires demandent un moratoire et c’est important pour beaucoup d’entre nous »... mais dans les annonces gouvernementale toujours rien en ce qui concerne les habitantEs si ce n’est le report de deux mois de la fin de la trêve hivernale prévue depuis le début du confinement.

Dans ce même quartier, les solidarités s’organisent : des habitantEs créent leur chanson et la chantent régulièrement à leur balcon. Et surtout s’entraident pour connaître les nouveaux lieux de distributions alimentaires ou autres.

Au Portugal, en Allemagne, en Grèce, en Espagne, en Grande Bretagne, des mesures d’urgences sociales sont prises pour aider les locataires fragiliséEs par l’épidémie du coronavirus, comme par exemple la ville de Lisbonne qui a suspendu le paiement des loyers dans les HLM... cela encourage les locataires à lutter.

A Grenoble comme ailleurs, à nos fenêtres fleurissent des banderoles sur le mal-logement et nous espérons que nous réussirons à faire trembler les murs des décideurs en criant des slogans... car l’avenir, pour nous, est à la solidarité. Et comme le propose le syndicat de locataire DAL : tous les samedis à 18h, raffut aux fenêtres pour la suspension des loyers et la réquisition des logements vides pour les sans logis, mal logés et victimes de violences inter-familiales.

  • 1. Le nom a été changé

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