Pinkwashing : nous ne sommes pas un nouveau marché à conquérir

Aujourd’hui, en France comme aux États-Unis et aux Pays-Bas, les marches des fiertés sont utilisées pour la publicité de grandes entreprises et des banques qui se servent de nos luttes afin de faire du profit. En ce mois des fiertés, les drapeau LGBT et autres symboles sont repris partout, comme sur des accessoires Nike ou sur des sacs Ikea. Cette utilisation commerciale s’est développée partout dans le monde avec le capitalisme. Et elle a largement été utilisée par l’État d’Israël. La stratégie se construit autour de l’idée que des entreprises ou des États seraient pro-LGBTI. Cette façade de solidarité est une vaste fumisterie : où vont les profits réalisés ? De quelle manière les entreprises en question traitent leurs salariéEs ? L’entreprise est-elle implantée dans des pays où l’homophobie est toujours criminalisée ? 

Nécessaire indépendance de classe

Déjà en 1997, la Lesbian Gay Pride avait des partenaires comme Kronenbourg, Yves Rocher, Canal Plus, Disney ou encore la Fnac. Cette démarche utilitaire se développe rapidement à partir du début des années 2000, avec l’appropriation, dans une certaine mesure, du mouvement LGBT à des fins capitalistes, tant que cela ne nuit pas aux retombées économique des entreprises. 

Le géant Google est un des champions du pinkwashing ! Ainsi, le 4 juin 2019, Google prétendait célébrer les 50 ans de l’histoire du mouvement LGBTI. Quelle hypocrisie ! Cette société, implantée au Castro, dans un des quartiers de San Francisco, participe largement à la gentrification en surenchérissant sur les prix dans cet endroit à l’identité LGBTI depuis les années 1970. Historiquement, de nombreux événements gays ont eu lieu dans ce quartier mais, maintenant que des géants économiques de la Silicon Valley se sont imposés, 25 % de la population LGBTI s’est expatriée pour des raisons financières… Un exemple parmi d’autres, qui montre les revers d’une communication et d’une publicité en apparence alliée mais qui participe à une discrimination constante. 

Nous ne pouvons pas nous contenter d’obtenir des miettes de droits grâce à des réformes dans une société patriarcale et capitaliste qui les remettra en cause dès que possible. Il est nécessaire de renverser ce système, c’est la seule solution. L’indépendance de classe est cruciale pour mener nos luttes car le capitalisme continuera de vouloir s’approprier nos luttes tant que cela ne met pas en ­danger ce système. 

Lysa Bonin

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