Le gouvernement Erdogan réprime toujours plus les LGBTI

Pour la quatrième année consécutive, la marche des fiertés a été interdite dans les rues d’Istanbul, réprimant toujours plus celles et ceux qui ont tout de même manifesté le dimanche 1er juillet.

Le mois de juin est traditionnellement le mois des fiertés LGBTI (lesbiennes gays bis trans intersexes). Si parfois les chars Mastercard de la marche des fiertés parisienne ont tendance à nous le faire oublier, ces marches existent pour lutter contre notre oppression et se tiennent encore, dans de nombreux pays, dans des conditions dangereuses pour les personnes LGBTI.

En Turquie, depuis 1993, les organisations LGBTI mettent en place des semaines de la fierté à Istanbul. En 2003, une poignée de militantEs LGBTI ont défilé pour la première fois. En 2013 et 2014, dix années plus tard, ils et elles étaient plusieurs milliers. L’essor du mouvement s’est fait en lien avec l’occupation de la place Taksim et le mouvement du Gezi Park. C’est cette révolte qui a donné à la jeunesse LGBTI d’Istanbul une aspiration à l’émancipation.

Quatre ans plus tard, la situation des LGBTI a largement reculé : les agressions homophobes gagnent du terrain puisque ceux qui les commettent ont le soutien presque affiché de l’État. On se souvient du meurtre de la militante transgenre Hande Kader en août dernier, dont le corps avait été retrouvé brûlé. Et alors qu’on estime à environ 2 000 les meurtres des personnes transgenres depuis 2008, il n’y a quasiment aucune condamnation…

Le gouvernement réélu a donc de nouveau fait interdire la marche cette année, sous le prétexte de la sécurité des manifestantEs. C’est d’ailleurs à chaque fois le prétexte donné par le gouvernement. Et si plus d’un millier de manifestantEs se sont tout de même rassembléEs sous un grand drapeau LGBTI, ils et elles ont été rapidement dispersés par la police qui a tiré sur la foule à coups de balles en caoutchouc. 11 personnes ont été placées en garde à vue. Si elles ont toutes été libérées, cela nous rappelle que l’homophobie et la transphobie d’État sont toujours une réalité partout dans le monde, et à quel point la construction d’un mouvement LGBTI international est une urgence !

Mimosa Effe 

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