« L’État stratège »... de la finance !

À propos d’Alstom, les médias n’en finissent pas de commenter le « virage » politique que constituerait le retour de « l’État stratège». Par-delà les egos, les ambitions de Montebourg et les jeux personnels au sein de la majorité gouvernementale, en fait de virage, il n’y a qu’une continuité de la politique au service de la bourgeoisie industrielle et financière, et cela au nom du vieux principe : socialisation des pertes et privatisation des profits.
 
En effet, pas de problème pour le gouvernement que General Electric crée une co-entreprise avec la division énergie d’Alstom paraît-il en difficulté. C’est dans la logique du jeu de monopoly géant auquel se livrent les groupes financiers à l’échelle de la planète. Par contre, quand le gouvernement annonce que son choix vise à défendre l’emploi en mettant en avant la promesse de GE de créer 1 000 emplois à Alstom, il nous prend pour des amnésiques. Il y a moins d’un an, GE France annonçait la suppression de 600 emplois dans sa division « finances », soit 5 % de son effectif. Comme créateur d’emplois, on sait à qui on a affaire !
 
Mais cette fois-ci, Montebourg nous l’assure, le gouvernement va se donner les moyens d’une « vigilance patriotique » en achetant 20 % des actions d’Alstom détenues par Bouygues, qui, cela tombe bien, cherche à s’en débarrasser. Une vigilance qui ressemble à un joli cadeau. Alors que l’action Alstom valait vendredi à la clôture de la Bourse 28 euros, Bouygues veut bien les « céder » à l’État pour 34 ou 35 euros, sous prétexte qu’il a dû éponger une perte en 2013, lorsque l’action était tombée à 18 euros...
 
Au jeu du qui perd gagne, Bouygues gagne à tous les coups au détriment des contribuables. Avec Ecomouv, dans la même logique, le gouvernement décide d’entrer dans le capital du groupe pour compenser les pertes suite à l’adoption de la nouvelle taxe, et respecter ainsi les engagements exorbitants de Sarkozy.
 
Pour les travailleurEs et la population, la vigilance est de mettre fin à cette logique qui ruine la société. Pour cela, il faut l’expropriation – sans indemnité ni rachat – des actions de Bouygues et de tous les autres, EDF et GDF en premier lieu, afin d’en faire un monopole public de l’énergie fonctionnant sous le contrôle des salariéEs et des usagerEs.

Cathy Billard

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