Le temps des bavures 

La politique répressive du gouvernement tue et blesse.

 

 

A Argenteuil, le 9 juin, deux retraités algériens, Ali Ziri (69 ans) et Arezki Kerfali (61 ans), sont roués de coups lors d'un contrôle policier. Le premier en meurt, le second est sérieusement blessé. Les policiers sont toujours en service dans le quartier; un collectif s'est constitué pour obtenir une enquête et des sanctions contre les responsables.

Le 23 juin, Lassana Sylla, jeune du quartier du Franc-Moisin, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), meurt à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne). Il a été retrouvé pendu avec sa serviette en cellule d'isolement. Suicidé, selon l'administration. Le 2 juillet, près d'un millier d'habitants du quartier ont marché pour exiger « la vérité ». Le 8 juillet à Montreuil (Seine-Saint-Denis), Joachim Gaty, qui manifestait pacifiquement contre l'expulsion violente des occupants d'une clinique désaffectée, a reçu un tir de flash-ball en pleine tête: il a perdu un œil. Le même jour, à Firminy (Loire), Mohamed Benmouna décède en garde à vue. Il se serait pendu dans sa cellule avec un bout de matelas fixé dans deux trous au mur ! Enfin, le 10 juillet, près de Louviers, un jeune de 18 ans circulant en minimoto trouve la mort sur un barrage de la gendarmerie, rappelant la mort des deux jeunes de Villiers-le-Bel, à l'automne 2007.

Dans ces cinq cas, entre autres, les autorités ont inconditionnellement défendu les forces répressives. Les atteintes à l’intégrité physique ou à la vie d'un habitant des quartiers populaires ne valent pas une enquête? Voilà qui légitime les révoltes… Cette violence policière, est l’autre face de la violence sociale, qui s’exerce contre tous ceux qui subissent la crise de plein fouet. Chaque policier sait qu'il suffit d'accuser n'importe qui de rébellion pour l'envoyer devant les tribunaux. Ils savent chaque jour davantage qu'ils peuvent blesser ou tuer en toute impunité.

Seule la mobilisation autour des familles, des habitants des quartiers, des associations et des forces politiques présentes peut imposer des enquêtes transparentes afin de connaître la vérité. C'est une question élémentaire de dignité. 

Cathy Billard

 

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