Le 8 mars : toutes en grève !

 

Le 8 mars 2019 est placé sous le double signe du développement des luttes féministes à l’échelle internationale et de la construction de la grève des femmes. En France, le surgissement du mouvement des Gilets jaunes, où les femmes se retrouvent en première ligne, marque la situation politique. Le 24 novembre dernier, qui a été une réussite manifeste avec 50 000 personnes dans la rue contre les violences sexistes, n’avait pas permis de faire la jonction entre mouvement féministe et mouvement des Gilets jaunes, alors naissant. Mais le 8 mars, veille d’un samedi de mobilisation des Gilets jaunes, s’annonce différent si nous arrivons à lier cet acte 17 aux luttes des femmes partout dans le monde.

En France, l’idée de grève du travail et des tâches domestiques fait son chemin. Nous, femmes, représentons 51 % des travailleurEs et nous sommes embauchées dans les secteurs les plus précarisés mais aussi les secteurs clés de l’éducation, des soins, du travail social, du nettoyage…

Si on s’arrête, tout s’arrête !

L’intersyndicale nationale appelle à la grève des femmes à 15 h 40. L’appel est décliné localement : préavis de grève, rassemblements, manifestations, soirée en mixité ou en non-mixité...

Dans plusieurs villes, des collectifs locaux préparent la grève du 8 mars depuis le mois d’octobre. Ces tentatives de construction du mouvement féministe par la base regroupent des militantes féministes, associatives, politiques, syndicales... et des femmes qui n’avaient jusqu’alors jamais entendu parler de féminisme. Ces expériences sont d’autant plus importantes qu’elles trouvent écho dans le mouvement des Gilets jaunes. En cela, l’acte 17 des Gilets jaunes le lendemain du 8 mars peut permettre d’unifier les luttes et mettre les femmes et les luttes féministes au premier plan.

Dans le contexte social actuel, nous pouvons faire du 8 mars un moment de construction d’un mouvement féministe de masse !

Dossier réalisé par la Commission nationale d’intervention féministe (CNIF). 

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