Le 21 mars, dans la rue contre tous les racismes et l’extrême droite !

Discriminations, agressions, ségrégation, harcèlement policier, amalgames, injonctions sélectives : le racisme est un système de domination qui pourrit la vie de ceux et celles qui le subissent...

Il est aussi un puissant facteur de division, rendant très difficile aux classes populaires de s’opposer de manière unie aux politiques d’austérité, qui répandent la misère et creusent les inégalités.

Reprendre l’initiative
La lutte contre le racisme est donc centrale pour ceux et celles qui aspirent à une autre société, et c’est la vocation de la journée internationale de manifestation du 21 mars de construire un front uni contre ce poison. D’autant plus que cette année, cette initiative unitaire intervient dans une situation très grave : l’attaque meurtrière de Charlie Hebdo et l’attentat antisémite de l’Hyper Cacher, instrumentalisés par le gouvernement pour imposer des politiques sécuritaires et islamophobes.
Dans cette offensive des classes dominantes, différentes oppressions racistes deviennent des instruments pour de nouvelles attaques contre les droits des salariéEs et des oppriméEs. Une telle politique nourrit nécessairement l’extrême droite et donne aussi confiance aux initiatives les plus réactionnaires : ainsi les milices contre les ZADistes à Sivens, imitées près de Saint-Nazaire par des dockers CGT.
Mais cette situation peut aussi être l’occasion de reprendre l’initiative en engageant le combat contre tous les racismes. La préparation du 21 mars est déjà un succès : son cadre unitaire dépasse la centaine d’organisations, de tous types et de toutes tailles, et d’autres initiatives ce mois-ci, comme le meeting du 6 mars « contre l’islamophobie et le climat de guerre sécuritaire » à Saint-Denis, ont été réussies (voir article en page 4).

Égalité et démocratie
Les sans-papiers en lutte ont ouvert la voie à la mobilisation du 21 mars. Ils et elles vivent et bossent ici, mais sont condamnéEs à une citoyenneté de seconde zone. Nous soutenons leur combat pour l’égalité des droits, la régularisation de touTEs les sans-papiers avec carte de séjour de 10 ans, la fermeture de Frontex et des centres de rétention, et la liberté de circulation et d’installation. Certaines de ces revendications concernent aussi les Roms, et nous manifesterons pour mettre un terme à l’impitoyable chasse que leur fait l’État, et au démantèlement des camps où ils (sur)vivent.
Un racisme ordinaire et systématique touche non seulement les migrantEs, mais aussi les Noirs et les Arabes. Nous devons contribuer à un mouvement pour la reconnaissance des discriminations racistes, pour la fin de la stigmatisation des quartiers populaires, des contrôles au faciès, des violences policières et de leur impunité.
Dans le contexte actuel, l’islamophobie est un enjeu spécifique, relayé par des lois racistes qui constituent une arme de premier plan dans l’arsenal du racisme d’État. Nous revendiquons ainsi le retrait de toutes les lois et projets islamophobes, y compris la loi du 15 mars 2004 interdisant le voile à l’école.
L’antisémitisme est un autre enjeu spécifique. S’il n’est pas aujourd’hui relayé par l’État, celui-ci le combat à la manière d’un pompier pyromane. L’antisémitisme est parfois nourri par le détournement de la colère des oppriméEs, mais il demeure surtout l’un des fondamentaux de l’extrême droite en Europe, même si certains – tel Cukierman du CRIF – tentent de le faire oublier.
Enfin, face à l’offensive raciste, sécuritaire et autoritaire, et au renforcement parallèle du FN, nous manifesterons pour le retrait des lois liberticides et sécuritaires, pour le droit de vote des étrangers, et pour la défense de tous les droits démocratiques.

Perspectives, unité et auto-organisation
Une franche réussite dans la rue le 21 mars serait un point d’appui pour la préparation de nouvelles initiatives, dans l’unité la plus large. Dans ce cadre, la poursuite de luttes spécifiques – portées par l’Union nationale des sans-papiers, le Front contre l’islamophobie, Mamans toutes égales, VISA, etc. – ne s’opposent en rien à la recherche de convergences, par exemple contre la nouvelle loi sur l’immigration et le droit d’asile, les menaces de loi sur le voile à l’université ou le 20e anniversaire de l’assassinat de Brahim Bouarram le 1er mai.
Un enjeu crucial est d’impliquer toujours plus les premiers concernéEs dans cette préparation, par des collectifs locaux et des assemblées de mobilisation. Notre lutte pour une contre-offensive de l’ensemble des travailleurEs va de pair avec la lutte contre toutes les oppressions, ce qui passe par l’auto-organisation des oppriméEs.

Ugo Palheta et Mathieu Bonzom

Retrouvez les rendez-vous pour l’ensemble des manifestations

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