Universités : Débuts de convergence entre étudiantEs et personnels

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Cela fait déjà trois fois que les étudiantEs ont été appelés à descendre dans la rue contre le gouvernement. Trois dates où ils et elles ont répondu présent, malgré les difficultés à faire manifester les étudiantEs, dans un début d’année universitaire où les pressions scolaires sont plus fortes que jamais.

La rentrée 2017 a tristement ressemblé aux rentrées précédentes : toujours moins de crédits pour l’enseignement supérieur, qui continue pourtant à voir croître le nombre de bachelierEs aspirant à entrer à l’université : cette année, on dénombrait 40 000 étudiantEs de plus à entrer dans le supérieur, alors que le budget a diminué de 331 millions d’euros…

Austérité budgétaire et casse des universités

Depuis près de dix ans, alors que le nombre d’étudiantEs augmente inexorablement, les budgets restent les mêmes et des postes d’enseignantEs et de personnels administratifs sont supprimés : entre 2009 et 2017, le nombre d’étudiantEs a augmenté de 235 000, tandis que le budget de l’Enseignement supérieur et  de la recherche est passé de 24,16 milliards d’euros à 23,5 milliards en 2017… cherchez l’erreur. Des coupes budgétaires qui ont des conséquences très concrètes dans la vie des étudiantEs : des TD surchargés ou supprimés (à Paris 1, dix TD d’économie n’ont pas pu être mis en place pendant trois semaines), ou des manques de moyens humains, comme à Rouen où la rentrée a dû être différée du fait du manque de personnel pour les inscriptions. 

Une stratégie de pourrissement qui vise à imposer la sélection en licence dès la rentrée 2018

Baisse de budget et hausse des contingents étudiants : voilà la formule de choc qu’ont utilisée tous les gouvernements successifs pour enfin revenir sur un des acquis de 1968, à savoir une université ouverte à touTEs, du moins dans les textes. Ces dernières années, le nombre de « sans-fac » n’a pas cessé d’augmenter et, cette année, ce sont 3 000 bachelierEs qui se sont vu tout simplement refuser l’entrée dans le supérieur. Beaucoup sont en outre orientés dans des filières qu’ils ne désiraient pas, le tirage au sort ayant décidé de leurs affectation. Un système particulièrement injuste, qui colle aux objectifs d’un patronat qui déconstruit ce qu’il avait contribué à construire, en fermant tout simplement l’université à tous et toutes. 

Car la sélection annoncée en licence, même par des « pré­requis », signifiera une chose : la mise à l’écart un peu plus importante des enfants d’ouvrierEs. L’université sera désormais de plus en plus réservée aux fils et filles de cadres, et leurs formations seront taillées sur mesure pour les grandes entreprises. Dans la majorité des universités, le patronat défend en effet ses intérêts dans les conseils d’administration. À Paris 6 Jussieu, Veolia est au conseil d’administration ; à Aix-Marseille c’est un représentant d’EDF qui a son mot à dire sur les maquettes de licence, et dans toutes les universités on retrouve des situations similaires !

Face aux pressions universitaires, convaincre les étudiantEs qu’un autre avenir est possible !

Depuis la rentrée, les équipes militantes sur les facs ont organisé trois jours de mobilisation. Une structure unitaire qui réunit toutes les organisations de jeunesse, de l’Unef au NPA-Jeunes en passant par Solidaires étudiant-e-s, Ensembles Jeunes ou les Jeunesses communistes, a ainsi appelé à manifester le 12 et le 21 septembre, ainsi que le 10 octobre avec les fonctionnaires. Durant ces trois journées, alors que le début d’année est synonyme de fortes pressions scolaires, des milliers d’étudiantEs ont ainsi manifesté dans toute la France : le 10 octobre, ce sont plusieurs milliers de jeunes qui ont défilé dans le cortège de l’inter-facs, le cortège de tête ou encore le Pink bloc. Cependant, il est encore nécessaire de lever tous les obstacles à la mobilisation : il faut encore montrer à une jeunesse qui a voté majoritairement contre Macron lors du premier tour de la présidentielle qu’il est possible de battre son projet, mais il s’agit aussi de lutter contre la répression administrative qui « convainc » les étudiants de ne pas rater un cours. 

Profs et étudiantEs : touTEs ensemble pour défendre l’université !

Si les baisses de budgets chassent de nombreux étudiantEs des facs, ils suppriment aussi des postes d’enseignantEs. Le 10 octobre, à l’occasion de la grève des fonctionnaires, de nombreux maîtres de conférence, personnels et doctorantEs ont participé aux assemblées générales, commençant à esquisser des convergences entre touTEs les acteurEs des universités. Collaborer entre étudiantEs et enseignantEs grévistes semble aujourd’hui plus nécessaire que jamais, à la fois pour faire venir plus d’étudiantEs en manifestation, mais aussi commencer à penser une autre université, celle de facs fermées aux intérêts du patronat mais ouvertes à toutes et tous, y compris et notamment aux enfants d’ouvrierEs et d’immigréEs, dédiées à l’émancipation collective et personnelle. 

Arthur (comité Paris 1)

 

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