Nouvelles violences policières contre les lycéenNEs

Perpignan, mardi 17 septembre, une centaine de jeunes tiennent un blocus devant leur établissement scolaire, le Lycée Picasso. L'objet de leur colère ? Une organisation administrative de leur planning qu'ils/elles jugent aberrante, dégradant leurs conditions de scolarité et de vie. Un flicage à l'entrée tel qu'il les fait arriver en retard en cours. Des temps de cantine et de récréation réduits. Des horaires incompatibles avec les transports en commun… Une dégradation bien en phase avec la dégradation globale de l'Education nationale - qui touche également leurs enseignantEs - voulue par les divers gouvernements néolibéraux et dont la réforme Blanquer n'est que le dernier avatar. Mais une dégradation que, par leurs luttes, les jeunes montrent de plus en plus une volonté de ne pas tolérer.

Si les lycéenEs de Picasso ne peuvent pas obtenir le dialogue souhaité avec la direction de leur établissement, ils obtiennent par contre une réponse quasi-immédiate de la police, lourdement déployée. Une mère d'élève témoigne auprès du journaliste de L'Indépendant « Il y a eu des gaz lacrymogènesMon fils et les autres lycéens ont dû fuir en traversant le nuage de gaz et ils ont été fortement incommodés. Une de ses camarades a chuté pendant le repli, cela a été très traumatisant. »  Les lycéenEs partent alors en cortège en direction de deux autres lycées. Ils/elles sont, selon France 3, 250 à manifester dans les rues de Perpignan et finissent par se faire disperser par de brutales charges policières. Six mineurs sont arrêtés, menottés et placés en garde à vue. Relâchés depuis, ils seront convoqués prochainement devant le tribunal pour enfants pour « jets de projectile sur les forces de l'ordre, outrage et rébellion et dégradations par incendie, en l'occurrence des feux de poubelles ». La dernière fois où les lycéenEs du département avaient eu à subir la violence policière, c'était en novembre dernier lors des manifestations qu'ils/elles avaient organisées en soutien aux Gilets jaunes.

Comme le déclare dans son communiqué de protestation l'Observatoire pour le respect des droits et libertés 66 (ORDL 66 – qui regroupe une vingtaine d'organisations, dont le NPA), « les moyens déployés [par la police]devant les autres lycées avec lesquels ces jeunes ont essayé de venir chercher de la solidarité, par leur rapidité et leur violence, rappelleront sûrement des souvenirs récents à des manifestantEs habilléEs de jaune ». Et rappelleront également Mantes-la-Jolie et comment ce pouvoir aux abois est bien déterminé à user de la violence et de l'humiliation y compris contre la jeunesse pour poursuivre son entreprise de destruction massive des droits sociaux et démocratiques. 

Nul doute que la manifestation appelé à Perpignan vendredi 20 septembre par Jeunes pour le climat 66 (« Quand c'est fondu, c'est foutu ! ») verra s’exprimer non seulement des revendications pour sauver le climat mais également des revendications contre la répression policière et pour les libertés démocratiques – en solidarité avec les six lycéens de Picasso.

- Correspondant NPA 66

 

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