Montpellier : après la violente agression de nervis à la fac de droit, la mobilisation continue

Retour sur les récents « événements » à Montpellier, où s'est aujourd'hui déroulée une assemblée générale regroupant 2500 personnes.

Jeudi 22 mars, après la manifestation réussie de soutien aux cheminotEs et à la fonction publique (au moins 8000 personnes dans la rue avec en tête un important cortège de la jeunesse) une AG se tenait à la fac de droit à l’appel de l’interprofessionnelle de l’éducation notamment. Plus de 700 personnes se sont pressées dans un amphi de la fac de droit, étudiantEs, lycéenEs, personnels de l’éducation… Après discussion, l’AG a voté l’occupation de l’amphi et la tenue sur place le lendemain d’une nouvelle AG. 

Commando fasciste

Le doyen a alors indiqué qu’à partir de 20h 30 il ferait appel à la police… sans suite.

Alors que dans l’amphi, tout se passait calmement, dans le hall le doyen, entouré de quelques étudiantEs et profs, s’énervait contre les occupantEs. Toutes les portes et issues étaient fermées par l’administration, et seule la porte d’entrée principale était tenue par les grévistes.

C’est juste après minuit que le doyen a fait une brève apparition, avec quelques étudiants, par une porte de l’amphi comptant les présents dans l’amphi. Immédiatement après 4 hommes cagoulés munis de barre de bois, de gants de frappe, sont entrés dans l’amphi, agressant avec une violence inouïe les occupantEs, s’acharnant sur eux.

Ce commando fasciste, comptant au total une dizaine de personnes, avec parmi elles selon plusieurs témoignages des enseignants de la fac de droit, a poursuivi les étudiantEs qui essayaient de sortir, continuant à les tabasser sauvagement et utilisant même un taser.

4 étudiantEs ont  été sérieusement blessés, dont un de nos camarades du NPA, et une quinzaine plus légèrement.

Le commando a quant à lui été tranquillement exfiltré par une issue de secours avec la complicité de la police.

La riposte s’organise

Dès le lendemain, avec la circulation sur les réseaux sociaux de la video sur cette agression, un rassemblement de plus de 1000 étudiantEs et personnels se tenait devant la fac de droit  et se dirigeait vers la préfecture aux cris de « Petel [le doyen de la fac] démission » et « Pas de fachos dans nos facs ». Une délégation a été longuement reçue par le préfet et la rectrice.

Des communiqués ont été publiés, par l’intersyndicale de l’enseignement supérieur, par Solidaires 34, dont le responsable était sur place ce soir là, par des organisations politiques… La ministre Frédérique Vidal s’est fendue d’un communiqué et a diligenté une enquête de l’Inspection générale de l’administration de l’éducation et de la recherche.

Le parquet a ouvert une enquête pour « des faits de violences en réunion et avec arme ».

Dans la foulée, le doyen Petel présentait sa démission. Il faut dire que les propos tenus devant les caméras n’avaient fait qu’aggraver son cas : solidarité avec les agresseurs, fierté quant à l’intervention. 

La lutte continue

Ce lundi la fac de droit était fermée administrativement. Plus de cent personnes étaient présentes pour affirmer « Je suis Petel »… Solidement encadrées par les groupuscules d’extrême droite Génération identitaire et la Ligue du Midi, elles ont fait face à plusieurs dizaines d’étudiantEs du Comité de mobilisation de droit et sciences politiques, qui réclament que toute la lumière soit faite. Même celles et ceux qui ne sont pas forcément en grève estiment que c’est impossible que les cours puissent reprendre dans cette fac avec des profs et/ou chargés de TD impliqués dans cette agression.

L’enquête judiciaire débute, des plaintes ont été déposées. Le agresseurs et leurs complices doivent être démasqués et condamnés.

Mais les grévistes ne vont pas se laissaient enfermer dans la confrontation avec les milices fascistes. Les images ont fait le tour des médias, mais elles ne doivent pas faire oublier ce qui se joue : à Montpellier ce sont des fascistes qui s’opposent violemment au mouvement, à Bordeaux ou Strasbourg ce sont les forces de police qui délogent les grévistes.

Le mouvement contre l’installation de la sélection s’enracine à Montpellier, la commission de mobilisation de la fac de lettres toujours bloquée réunit régulièrement plus de 80 personnes et travaille en commissions, la jonction avec les autres sites universitaires et les lycées est établie, celle avec les autres luttes est au menu, notamment autour du 3 avril avec le début de la grève des cheminots. AG et manifs sont prévues dans la semaine.

Car nous savons bien que c’est toutes et tous ensemble que nous pourrons gagner.

CorrespondantEs

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