Le mouvement étudiant prend forme à Strasbourg

Le mouvement étudiant prend forme à Strasbourg depuis le 22 mars, journée de mobilisation nationale contre la casse du service public et la contre-réforme de la Sncf. La journée de mobilisation débute à 6h30 devant le Lycée Marie Curie où des lycéen.ne.s et étudiant.e.s organisent le blocage de l’établissement pour protester contre la destruction prévue de l’enseignement public tel qu’on le connaissait. Un cortège de 300 jeunes part débrayer d’autres lycées et la faculté pour faire la jonction avec la manifestation intersyndicale de 14h. À son issue, lycéen.ne.s et étudiant.e.s retournent en cortège au Palais Universitaire, l’occupent et se préparent à devoir défendre le bâtiment contre la police qui, comme prévu, sera appelée par la présidence de l’université pour déloger les étudiant.e.s. L’expulsion est violente et donnera lieu à des dégradations par les forces de l’ordre que l’Université de Strasbourg essaiera de faire passer sur le compte des occupant.e.s. Les étudiant.e.s et lycéen.e.s qui, pour beaucoup, étaient mobilisé.e.s depuis le matin finiront à 22h devant la gare de Strasbourg dans un bel exemple de convergence des luttes. « So-So Solidarité avec les cheminot.e.s! »

Par la suite, la mobilisation étudiante se maintiendra à son niveau le plus haut depuis la mobilisation contre la Loi Travail. Assemblées de lutte de cinq heures, auto-formation sur les réformes incriminées, de street-medic, distributions de tracts sur les différents campus, campagnes d’affichages, apparition continue dans plusieurs UFR, projections de films sur les systèmes d’oppression et de domination... L’occupation d’un amphi du Palais universitaire est tolérée par le doyen pendant les horaires d’ouverture du bâtiment.

La direction a de nouveau été envahie jeudi 28 mars, suite à une AG qui a rassemblé entre 250 et 300 personnes. Les revendications qui y ont été présentées (banalisation des cours, possibilité de prolonger l’occupation de nuit, arrêt du contrôle des cartes étudiantes et arrêt de la présence policière sur le campus) se sont heurtées à un mur d’hypocrisie et de mépris de la part de la direction. Le soir même, six étudiant.es qui arrachaient des affiches du Bastion social — un bar ouvert par les néo-nazis – sur le campus se sont fait agresser et frapper par 15 membres du local fasciste. Une conférence de presse a été organisée le lendemain, ainsi qu’un départ en manifestation sauvage qui nous a menés devant le local. Slogans et tags ont accompagnés des dialogues engagés avec les passants. Si le mouvement n’est pas encore numériquement très important, il est porté par une bonne dynamique ainsi que par le nombre important de nouveaux/elles militant.e.s, qui apportent leur fraîcheur dans un milieu militant parfois essoufflé. Nombre d’entre eux ont eu pour première expérience une manifestation de 5000 personnes suivie d’une occupation et de la construction de barricades, et constituent une nouvelle génération particulièrement porteuse de promesses.  

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