Jeunesse : « Notre souhait est de vivre dans une société plus juste et égalitaire »

L’envie de faire partie du mouvement de contestation actuel est bien présente parmi la jeunesse scolarisée. Elle apparaît dans les manifestations et ses cortèges pourraient grossir. Pour certainEs jeunes mobilisés, la question n’est d’ailleurs pas de savoir si « ça reprend » : ils et elles n’ont rien lâché depuis le 5 décembre.

L’actualité est marquée par les mobilisations des profs contre les E3C, ces épreuves anticipées du bac, résultat de la réforme de l’année dernière, et dont l’organisation est plus que chaotique. 

Que E3C rime avec retrait   

Dans la continuité de la grève du bac, on assiste à une réelle mobilisation sur le sujet : à Nîmes, Clermont-Ferrand, Arras, Haguenau ou encore Bordeaux, des profs, avec le soutien de cheminotEs ou autres manifestantEs ont réussi à empêcher que les épreuves se tiennent. Et les élèves ont bien compris que le combat de leurs profs était aussi le leur. À Montauban, ils et elles étaient 200 à se réunir en assemblée générale et à voter le boycott de ces épreuves. À quelques centaines de kilomètres de là, c’est un comité inter-lycéen lyonnais qui a sorti un appel à se réunir pour en discuter et se coordonner avec les profs. Cet appel, relayé par des lycéens de Strasbourg, montre qu’un potentiel d’organisation est bel et bien là dans la jeunesse. Pour la journée du 16, à Paris, les lycéenEs ont fait des actions sur plus d’une dizaine de lycées. Ces boycotts et la participation aux journées nationales montrent que les jeunes peuvent se saisir de l’ambiance pour exprimer leur propre colère ! 

« On veut le bac, pas la BAC »

Le gouvernement est aux aguets et, sur les barrages filtrants des élèves ou des profs, la police montre ses muscles et utilise ses armes. Diverses sanctions administratives sont tombées contre des lycéennes et des lycéens engagés dans le mouvement. Il devient alors essentiel non seulement d’étendre cette contestation à l’ensemble de la jeunesse concernée par la réforme du bac, mais aussi de tisser des liens solides notamment avec les profs grévistes.                                                                     

Et les facs ?

Malgré les difficultés liées aux examens, de nombreux étudiantEs continuent de se réunir en assemblée générale sur plusieurs universités, souvent en lien avec les profs très organisés et les personnels. Sur les gros sites, des AG à 200 ont été fréquentes, avec des chiffres parfois en baisse par rapport à décembre mais aussi en hausse, comme à Lille ; tandis que sur des petits sites, il y a eu une surprenante participation aux AG : 150 à l’IUT de Blagnac (banlieue toulousaine), ou une bonne centaine à Albi sur un campus de 3000 étudiantEs. Dans certaines facs, des étudiantEs de master, faisant état des difficultés à mobiliser l’ensemble des étudiantEs, ont décidé de s’organiser par promo ou master (Toulouse, ENS Paris).

Comme cela s’était vu pendant les vacances avec la présence d’étudiants sur les piquets RATP, les liens entre secteurs mobilisés sont réels. À Paris-Dauphine, la participation de grévistes de la RATP et de la SNCF à une conférence de profs a assuré une présence massive des étudiantEs. À Toulouse, ce sont des grévistes de la SNCF, de Météo France (en grève depuis plusieurs jours), et d’Enedis, invités par les étudiantEs, qui sont venus raconter leurs grèves.

Licence créative commons

Nos articles sont publiés sous licence Créative Commons. Voir les détails.