Des partiels sous surveillance policière à Nanterre ?

Communiqué de presse des étudiant.es mobilisé.es de Nanterre suite à la décision de l'Université de maintenir les partiels dans des sites délocalisés. 

Depuis plusieurs semaines, un mouvement de grève d'ampleur s'installe dans les Universités. Nous dénonçons la loi ORE et le dispositif Parcoursup qui vont permettre un tri social à l'entrée de l'Université. De même, nous combattons le projet de remise en cause de la compensation et des rattrapages. Plus globalement, nous soutenons l'ensemble des luttes en cours contre la politique antisociale de Macron.

Les 1er et 5 mai ont fait la démonstration de la détermination des étudiant.e.s et salarié.e.s à faire reculer les projets du gouvernement. A Nanterre, les Assemblées générales réunissent plus de 1500 étudiant.e.s et personnels. Depuis le 10 avril, les cours et partiels ne se tiennent plus de par la grève massivement votée. Aujourd'hui, afin de ne pas pénaliser l'ensemble des étudiant.e.s, nous exigeons la validation automatique avec note améliorable comme modalité d'évaluation. Jean-François Balaudé refuse d'accepter notre revendication et impose des modalités d'évaluation qui consistent à remplacer les devoirs sur table dans le campus par des partiels délocalisés, des devoirs maisons ou des partiels en ligne. Nous saluons les enseignant.e.s qui ont appliqué la validation automatique, les notes planchers et ont accepté des aménagements qui respectent la grève. Ceux et celles-là se battent à nos côtés contre la sélection.

Dans ce contexte de grève nationale contre la loi ORE, maintenir les partiels c'est vouloir casser la grève. Ces modalités d'évaluation sont inacceptables. D'autant plus que, malgré nos demandes répétées, l'Université refuse de nous dire si les partiels se feront sous surveillance policière. Nous pouvons donc supposer que les CRS seront là pour quadriller et fouiller les étudiants ! Certaines convocations affirment qu'il y aura des fouilles des affaires personnelles. Honte à cette fac qui, tout en se revendiquant de Mai 68, veut faire usage des forces de l'ordre pour tenir les partiels. Cela ne nous surprend pas, Balaudé n'a pas hésité à appeler les CRS le 9 avril pour déloger des étudiant.e.s occupant.e.s. A la suite de cette intervention, 6 étudiants se sont retrouvés en garde à vue !

En outre, avec ces modalités d'évaluation, l'Université brise l’égalité de traitement entre les étudiant.e.s : certain.e.s composeront dans des sites délocalisés, alors que d'autres vont rendre des devoirs maisons ou faire des partiels en ligne.

Nous appelons toutes celles et tous ceux qui aujourd'hui défendent le droit de grève, les étudiant.e.s, les enseignant.e.s, les postier.e.s, les cheminot.e.s, les salarié.e.s, les chômeurs et chômeuses, à se rassembler à 7h30 devant la Maison des examens à Arcueil (oui, à Arcueil) vendredi 11 mai 2018.

Pour le retrait de la loi ORE/Parcoursup, pour défendre une Université ouverte à tou.te.s les bachelier.e.s ! Pas de partiels pendant la grève ! Validation automatique avec note améliorable ! Balaudé démission !

Le comité de mobilisation de la fac de Nanterre.

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