IVG : 40 ans déjà et encore beaucoup de combats à mener !

Autour du 17 janvier, à l’occasion des 40 ans de la promulgation de la loi Veil sur la dépénalisation de l’avortement, différentes initiatives ont eu lieu pour les droits des femmes. La veille, le ministère des Affaires sociales, de la santé et des droits des femmes faisait des annonces concernant l’accès à l’IVG. Manifestement, la bataille pour le droit à l’avortement et le combat féministe en général restent d’actualité.

Des mobilisations à renforcer
Les mobilisations de solidarité au moment de la remise en cause du droit à l’IVG par le gouvernement espagnol avaient été très massives. Le week-end dernier, elles ont été beaucoup plus modestes : environ 5 000 personnes à Paris, une centaine à Grenoble, un défilé sans étiquettes politiques pour la défense du Planning familial à Toulouse…
Bien sûr le contexte de l’attaque contre Charlie hebdo a pesé sur nos capacités de mobilisation. Mais au-delà, l’idée que le droit à l’IVG est acquis reste forte, en particulier chez les jeunes femmes, tant qu’elles n’ont pas été confrontées à ses difficultés d’accès.

De nouvelles promesses gouvernementales
Le vendredi 16 janvier, Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes, a fait plusieurs annonces concernant l’accès à l’IVG. Ainsi les examens nécessaires avant et après l’IVG elle-même devraient enfin être remboursés, mais il faudra attendre un décret du conseil d’État à l’automne 2015. La vigilance est donc de mise sur cette mesure concernant à la fois les délais de mise en œuvre et la prise en charge réelle de l’ensemble des actes autour de l’IVG.
Il faudra aussi voir la réalité des moyens consacrés à la mise en place d’un numéro d’information non surtaxé et d’une campagne nationale d’information. Par ailleurs la volonté de développer les IVG médicamenteuses en ville apparaît assez clairement. La logique qui est derrière est celle d’économies budgétaires réalisées en diminuant les interventions faites en établissement de santé. Ces économies sont faites au détriment des femmes qui n’ont plus vraiment le choix de la méthode pour avorter.
D’autres annonces, concernant la pratique d’IVG en centres de santé ou l’instruction donnée aux ARS (agences régionales de santé) de « maintenir l’IVG dans l’offre de soins de gynécologie obstétrique », ne sont accompagnées d’aucun financement...

Féministes tant qu’il le faudra !
40 ans après la loi Veil, les conditions d’accès à l’IVG pour toutes les femmes ne sont toujours pas réunies : politiques d’austérité diminuant les moyens dans la santé, fermetures de CIVG, remboursement partiel par la Sécu…
Les annonces du gouvernement, si elles vont dans le bon sens, restent pour l’instant des annonces sans aucun moyen supplémentaire. Il faudra donc que le mouvement féministe dans son ensemble reste vigilant et mobilisé pour obtenir la mise en œuvre de mesures réclamées depuis bien longtemps. Sans compter qu’au-delà de celles-ci, de nombreuses revendications féministes restent à gagner : allongement des délais pour les IVG, gratuité de l’ensemble des modes de contraception, éducation sexuelle non genrée à l’école, accès à la PMA (procréation médicalement assistée) pour toutes les femmes – qu’elles soient en couple hétérosexuel ou non, égalité salariale, partage des tâches ménagères, fin de toutes les violences… La liste est longue... et le combat féministe toujours d’actualité !

Elsa Collonges

Licence créative commons

Nos articles sont publiés sous licence Créative Commons. Voir les détails.