Israël : les clandestins, aussi victimes de l’arbitraire sioniste

Le 5 janvier dernier, ce sont plus de 30 000 migrants clandestins (sur une population d’environ 60 000) qui se sont massés à Tel-Aviv pour protester contre l’adoption d’une loi qui autorise le placement en rétention pendant un an et sans procès de tous les clandestins.

Lancée mi-décembre et rassemblant quelques centaines de participantEs, la mobilisation n’a cessé de grandir pour atteindre ce pic début janvier. Elle n’est que la suite logique d’un climat particulièrement invivable pour les immigréEs dans un état qui a fait du racisme et de la ségrégation un axe central de toute sa politique depuis plus de 50 ans. Ainsi le député et ex-ministre de l’Intérieur Elie Yishaï, du parti religieux ultra-orthodoxe Shass, a affirmé que « cette manifestation était un signal d’alarme pour agir contre les clandestins », ajoutant que Tel-Aviv était devenue selon lui une « ville africaine ».
Les clandestins, principalement d’Érythrée, d’Éthiopie et du Soudan, travaillent le plus souvent dans la restauration et le bâtiment. Comme dans tous pays riches, ils servent de réservoir exploitable pour le patronat local, trop content de pouvoir employer à bas coût une main-d’œuvre qui ne possède aucun droit.
On ne peut guère être étonné que le gouvernement israélien suive cette voie : depuis plus de 60 ans, il ségrègue, exploite, tue les Palestiniens. Quelle différence y aurait-il entre des Palestiniens et des Africains ? Pourquoi un gouvernement qui vient d’annoncer la construction de 1 800 nouveaux logements dans des colonies, accueillerait à bras ouverts des migrantEs non-juifs et de couleurs ? Pourquoi un pays qui viole en permanence le droit international se mettrait-il subitement à respecter les droits de l’homme ?

Solidarité avec les migrantEs du monde entier
Il y a nécessité à soutenir les clandestins en Israël et à faire le lien avec la situation des Palestiniens, eux aussi victimes de l’arbitraire et de la violence sioniste. Il est tout aussi utile de rappeler que si Israël a adopté une législation terrible vis-à-vis des migrantEs, les pays de l’Europe forteresse ne sont guère bien placés pour donner la moindre leçon. Les morts des plages de Lampedusa, ceux des barbelés de Ceuta et Melilla ne sont plus là pour en témoigner.
Plus que jamais, il faut donc renforcer l’écho de la campagne Boycott désinvestissement sanctions (BDS) pour mettre Israël devant ses responsabilités. Cette campagne internationale grossit de jour en jour et inquiète de plus en plus les autorités.
Il faut soutenir la lutte des migrantEs en combattant la loi israélienne. Le NPA sera partie prenante de toutes les initiatives en ce sens, comme nous continuerons à nous battre pour les droits de tous les migrantEs, ici, comme en Israël et partout dans le monde : liberté de circulation, liberté d’installation pour toutes et tous !

Antoine Chauvel

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