Trump pour toujours ? Il pourrait essayer

Au milieu de la pire pandémie de l'histoire des États-Unis et de ce qui pourrait être une deuxième grande dépression pire que la première, la principale préoccupation du président Donald J. Trump est sa réélection à la présidence en novembre.

Trump utilise la crise du coronavirus et l'effondrement économique pour relancer sa campagne et réveiller sa base avec une propagande pour la réouverture de l'économie qui met en danger la santé et le bien-être économique de millions de personnes. Nous nous dirigeons probablement vers une deuxième vague d'infections et vers ce qui sera, comme l'a dit un expert en santé, « l'hiver le plus sombre de l'histoire moderne ».

Racisme et xénophobie

Avec 40 millions de chômeurEs et près de 100 000 morts, Trump fait l'éloge de lui-même et de son administration et blâme, pour le virus, la Chine, l'Organisation mondiale de la santé, Barack Obama et les Démocrates. Le racisme et la xénophobie restent au cœur de la vision nationaliste blanche de Trump. Il laisse entendre que la Chine peut avoir propagé le virus intentionnellement et ses collaborateurs parlent de voyageurs chinois envoyés pour « semer le virus » en Europe et en Amérique. Il ferme les frontières américaines à tous les immigrantEs pour une durée indéfinie, prétendument pour bloquer le virus. Alors que c'est bien sûr l'incapacité de Trump à prendre des mesures rapides au début de l’épidémie qui a entraîné des dizaines de milliers de morts inutiles et l'effondrement économique.

Au milieu de la pandémie, Trump s'est concentré sur le renforcement de ses capacités de contrôle et sur l'élimination de ses détracteurs. Au cours des derniers mois, il a licencié quatre des inspecteurs généraux qui ont comme fonction de superviser et prévenir la corruption dans les dépenses des différents ministères, qui s’élèvent à des milliers de milliards : affaires étrangères (département d’État), santé et services sociaux, renseignement et transports.

Une campagne vicieuse

Le slogan actuel de Trump est la «Transition vers la grandeur », « grâce » à la réouverture rapide de l'économie américaine sans égard pour la santé des travailleurEs. Trump a mis fin à la fermeture du gouvernement fédéral, a établi des directives sanitaires pour la réouverture et a confié la responsabilité de leur application aux gouverneurs des États. Ces derniers ont permis aux affaires de reprendre, même si leurs États ne respectaient pas les directives sanitaires de la Maison Blanche. Trump, qui n’a pas le pouvoir de le faire et en ignorant les experts de la santé, a également ordonné l'ouverture de tous les lieux de culte pour plaire à sa base chrétienne évangélique. Aujourd'hui, tous les États ont rouvert certaines activités et, avec cette pression pour revenir à la normale, de nombreuses personnes ont abandonné la distanciation sociale et les masques.

Les fils de Trump se sont joints à leur père pour lancer ce qui sera une campagne électorale vicieuse. Donald Trump Jr. a lancé une salve sur Instagram et Twitter accusant Joe Biden d'être un pédophile, une accusation sans fondement. Eric Trump a suggéré à Fox News que le Parti démocrate voulait garder le pays enfermé pour empêcher son père de tenir ses rassemblements de campagne massifs. Ignorant complètement le problème sanitaire, Eric Trump a déclaré : « Ils pensent qu'ils retirent à Donald Trump son meilleur outil... Et devinez quoi, après le 3 novembre, le coronavirus disparaîtra comme par magie, tout d'un coup, et tout le monde sera pour rouvrir. »

Limiter le vote pour le Parti démocrate

Trump utilise ses fonctions pour faire campagne, visitant une usine Ford dans le Michigan, tandis que Biden tient des réunions vidéo depuis son domicile. Alors que les Démocrates hésitent à convoquer une convention nationale de désignation de leur candidat, de peur d'exposer leurs déléguéEs au coronavirus et d'accélérer sa propagation, les Républicains prévoient d'organiser une convention à grande échelle, malgré les risques tant pour les déléguéEs que pour la santé publique. Des publicités virales payées par de « l'argent noir » de donateurs inconnus commencent à apparaître partout.

Les conditions sanitaires rendront sans doute difficile la tenue des élections de novembre, mais Trump s'est opposé aux scrutins par correspondance au motif qu'ils favoriseraient la fraude électorale, et a menacé de couper les fonds fédéraux aux États qui les utilisent. Les bulletins de vote postaux n'ont jamais été associés à la fraude, mais Trump veut limiter le vote pour le Parti démocrate. Son gendre Jared Kushner a suggéré que l'élection soit reportée. Tout cela peut être une préparation pour permettre à Trump de prétendre, s'il perd en novembre, que l'élection était invalide afin éventuellement d'essayer de rester illégalement à la présidence, c'est-à-dire de se comporter comme un dictateur.

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