Trump-Netanyahou, l’alliance criminelle

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Les manifestations qui éclatent un peu partout pour protester contre le décret anti-immigration et l’interdiction d’entrée aux USA pour les ressortissants de sept pays du Moyen-Orient, ne doivent pas nous faire oublier les nouvelles attaques qui se préparent contre le peuple palestinien.

Un mois à peine après avoir permis par son abstention l’adoption par l’assemblée générale des Nations unies de la résolution 2 334 condamnant Israël pour sa politique de colonisation, l’administration américaine désormais trumpisée réaffirme l’alignement inconditionnel et traditionnel des USA sur la politique de Tel Aviv. Visiblement très pressé d’être adoubé par Trump, Netanyahou – invité en février aux USA – peut s’enorgueillir d’avoir été le premier chef d’État à s’entretenir avec le docteur Folamour qui siège désormais à la Maison Blanche...

Les murs de la honte

Alors que le projet de construction d’un mur de séparation avec le Mexique fait un tollé dans la communauté latino et dans la plupart des pays d’Amérique latine, « Bibi » aura été le seul à féliciter Trump, qualifiant celui-ci de « très bonne idée ». Il faut dire qu’en matière de barbelés et de murs de séparation, les dirigeants israéliens sont passés maîtres incontestés. Dans un tweet, Netanyahou rappelle qu’il a « construit un mur le long de la frontière sud d’Israël, cela a totalement arrêté l’immigration clandestine ». Exigeant des excuses d’Israël, le gouvernement mexicain a tenu à exprimer « sa profonde surprise et sa réprobation » devant cette prise de position.

Le transfert de l’ambassade US à Jérusalem ?

À l’occasion de sa campagne électorale, Trump avait promis de reconnaître Jérusalem comme « capitale indivisible de l’État d’Israël », provoquant une réaction de John Kerry prédisant « une explosion absolue dans toute la région » en cas de mise en œuvre d’une telle décision. Rappelons que selon l’ONU, Jérusalem est une « ville occupée » et qu’en aucun cas, il ne serait acceptable d’en concéder la souveraineté à Israël.

Le renforcement de la colonisation en Palestine occupée

Trois jours après l’intronisation de Trump, le gouvernement sioniste, en dépit de la résolution 2 334 votée à l’ONU le 26 décembre, annonce la construction de 3 000 logements en Cisjordanie. « Nous sommes en face d’une chance formidable pour la sécurité et l’avenir d’Israël », a ainsi affirmé le Premier ministre israélien...

L’incroyable silence de l’Autorité palestinienne

Après avoir salué chaleureusement l’intronisation de Donald Trump pour ne pas froisser la nouvelle administration, l’Autorité palestinienne continue à faire la politique de l’autruche. Tétanisée par la hantise du transfert de l’ambassade US à Jérusalem qui mettrait fin, de fait, à sa politique de collaboration et pourrait ouvrir la voix à une nouvelle Intifada, sa légitimité est plus que jamais mise en cause.

Développer la campagne BDS, isoler Trump et son valet Bibi

Il faut se saisir du rejet massif de la politique de Trump qui s’exprime dans les multiples manifestations de rue. L’enjeu est de remettre aussi le soutien aux justes revendications du peuple palestinien au cœur de ce mouvement. La campagne permanente de BDS rencontre un grand succès international, renforcé par la légitimité qui lui est donnée par la dernière résolution de l’ONU. C’est le moment d’avancer.

Alain Pojolat

 

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