Sanders a le vent en poupe aux États-Unis

Après le décompte, jeudi soir [6 février] de 100% des votes lors du caucus démocrate de l’Iowa, c’est Bernie Sanders qui a obtenu le plus de voix. 

La popularité de Sanders vient d’un désir croissant de changement dans la société étatsunienne. Son programme, avec un salaire minimum d’au moins 15 dollars de l’heure, une action résolue contre le changement climatique, la gratuité des soins de santé et la lutte contre la corruption dans le champ politique, parle à beaucoup de gens. 

Sanders vainqueur en Iowa

En dépit de l’extraordinaire délai nécessaire au décompte, il apparaît que c’est le candidat le plus radical qui a obtenu le plus de voix. Et le « favori » Joe Biden, avec son crédo supposément modéré et donc pro-business, a été humilié. 

Sanders a revendiqué la victoire, expliquant aux journalistes qu’il avait obtenu 6000 voix de plus que Pete Buttigieg. « De là où je viens, quand vous obtenez 6000 voix de plus, vous êtes en général considéré comme le vainqueur », a-t-il déclaré. 

Au total, Sanders a obtenu 43671 voix (25%), Pete Buttigieg 37557 (21%), Elizabeth Warren 32533 (18%), Joe Biden 26384 (15%). Mais la plupart des médias ont tout de même pu parler d’une victoire de Buttigieg. Ceci en raison d’un processus complexe pour transformer les votes bruts en ce que l’on appelle « équivalents en délégués par État ».

Une formule est utilisée pour calculer comment les résultats des 1678 circonscriptions où des votes ont eu lieu correspondent à un nombre de délégués, parmi les 41 qui se rendront, pour l’Iowa, à la convention démocrate, accordé à chaque candidat. Dans ce cadre, Buttigieg est arrivé très légèrement devant Sanders (0,1% de plus). 

L’équipe de la campagne Sanders a répondu en publiant 14 exemples de ce qu’elle appelle des « divergences » dans les chiffres du Parti démocrate. Jeff Weaver, un des principaux conseillers de Sanders, a déclaré que l’équipe de campagne « était confiante [dans le fait que] ces divergences […], en plus de celles largement identifiées dans les médias nationaux, indiquent que le compte des équivalents en délégués par État ne sera jamais connu avec certitude. 

« La classe des milliardaires ne devrait pas nous sous-estimer »

Biden espère se remettre lors des primaires à venir. S’il n’y parvient pas, une large part du soutien dont il bénéficie pourrait se reporter sur Buttigieg. Ce dernier est la première personne ouvertement gay à briguer la candidature démocrate, mais son programme est néolibéral et il était auparavant officier dans le renseignement militaire en Afghanistan. 

L’establishment démocrate a une autre option : le milliardaire Michael Bloomberg. Celui-ci ne se présente pas dans les premières primaires, et attend le « super Tuesday » du 3 mars, lorsque 16 États et territoires voteront. Il a déjà dépensé plus de 200 millions de dollars en publicités électorales. Après le caucus en Iowa, il a déclaré qu’il doublerait ce budget le mois prochain. 

Sanders a déclaré, jeudi [6 février] : « En janvier, notre campagne a levé la somme incroyable de 25 millions de dollars auprès de plus de 648 000 personnes. […] La classe des milliardaires ne devrait pas nous sous-estimer. Si les travailleurs s’unissent dans un mouvement pour la justice, nous gagnerons. »

Le soutien à Sanders est le signe d’un vaste mouvement de désenchantement vis-à-vis des politiques au service des entreprises et des élites. Ce sentiment doit être converti en action, qui ne soit pas alignée derrière les Démocrates. 

Gabby Thorpe, traduction J.S.

Version intégrale (en anglais) sur Socialist Worker

 

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