Royaume-Uni : Les résultats des élections soulignent la nécessité d'intensifier la lutte contre l'austérité

Publié par Socialist WorkerLes élections d'hier soulignent la nécessité d'un défi anti-austérité plus fort contre les conservateurs. Nous n’avons pas besoin du Parti travailliste pour nous situer au « juste milieu », comme le prétend la droite du parti.

De nombreux « experts » avaient prédit que le leadership de Corbyn signifierait que le Labour perdrait 150 ou même 200 sièges. En fait, sur la base de la déclaration de deux tiers des résultats au conseil, le Labour a perdu environ 30 sièges.

Le vote pour le Labour est en baisse d'environ 6 pour cent en moyenne par rapport à 2012, la dernière fois que les sièges en Angleterre ont été contestés. Mais une analyse de la BBC suggère sa part est en hausse de 4 pour cent sur l'élection générale dans les quartiers clés, et que les Conservateurs s’affaiblissent d’autant.

Ces chiffres montrent que le problème du Labour est la droite, pas Corbyn. Les élections de 2012 ont eu lieu au lendemain d'une croissance des luttes de la classe ouvrière – la puissante manifestation anti-austérité rassemblant 750 000 personnes et la puissante grève de 2 millions de personnes pour les retraites en Novembre 2011.

Cela a aidé le Labour et a marginalisé les les forces telles que Ukip.

Mais les années sous la direction de Ed Miliband et la reprise par le Labour de bien des idées fondamentales des Conservateurs lui ont fait perdre des voix. En revanche la direction de Corbyn a conduit à une reprise limitée. 

De même le pire score pour le Labour est en Ecosse – il arrive derrière les Conservateurs et est rendu à la troisième place – est l'aboutissement d'un long déclin. Le Labour a perdu l'Ecosse en raison des politiques de Tony Blair, Gordon Brown et Miliband – et notamment sa campagne anti-indépendance aux côtés des conservateurs.

Le dirigeant écossais du Labour, Kezia Dugdale, est pas un pro-Corbyn et il s’oppose à la politique du Labour pour mettre au rebus le Trident. La position de Labour à la gauche du SNP sur l'imposition des riches, par exemple, n'a pas été crédible pour de nombreux électeurs.

Au Pays de Galles, le Labour a souffert de la politique d'un gouvernement qui a mis en œuvre l'austérité. Ukip a prospéré au Pays de Galles, mais ce n'est pas un signe d'un déplacement massif vers la droite. Ukip a principalement progressé en prenant possession des sections votant traditionnellement à droite. 

Ukip a pris sept sièges tandis que les conservateurs en ont perdu quatre et les Libéraux Démocrates trois. 

Mais personne ne devrait être complaisant. Le racisme et l'islamophobie doivent être remis en question chaque fois qu'ils apparaissent.

Les résultats de Londres sont encore en cours de décompte. Il semble que la campagne abjecte, islamophobe et raciste, de Zac Goldsmith a échoué et nous devrions nous en féliciter. Sadiq Khan était un candidat de l’aile droite du Labour, mais beaucoup de gens l’auront soutenu parce qu'ils apprécient Corbyn, et non pas pour le rejeter.

La droite du Labour doit également assumer d’avoir constamment agressé Corbyn et d’avoir « pompé » les insultes à propos de l’antisémitisme dans les jours précédant les votes. 

Cependant, il y a des faits qui doivent être relevés. Compte tenu du désarroi des conservateurs, et les politiques d'austérité brutales qu'ils mettent en œuvre, le Labour ne peut être réellement satisfait par les résultats.

C’est la première fois depuis plus de 30 ans qu'un parti d'opposition a perdu des sièges aux élections du conseil.

Le Labour aurait fait mieux si ses Conseillers s’étaient opposés et avait défié les coupes budgétaires des Conservateurs plutôt que les mettre docilement en œuvre. Voir vos Conseilleurs municipaux sabrer les services publics locaux rend peu enclins à aller voter.

La tâche principale pour les socialistes, que ce soit à l'intérieur du Labour ou non, est de construire les grèves, les manifestations et les luttes qui peuvent donner confiance aux travailleurs pour refouler l'assaut des conservateurs. Les manœuvres à l'intérieur du Parti travailliste ne sont pas le facteur déterminant.

Il ne faut pas oublier que les conservateurs sont toujours en difficulté, et que le référendum sur l'UE approfondira leurs haines. Les sièges supplémentaires au Parlement écossais ne signifie pas qu'ils sont lavés de tout soupçon. 

David Cameron doit encore pousser dans le sens de l'austérité sur la base d'une majorité de 12 conseillers. Les retraites et les défaites au cours des dernières semaines montrent que le gouvernement ne peut pas surmonter facilement une véritable opposition.

Nous avons besoin de plus de solidarité avec les élèves médecins, une campagne de rejet des nouvelles lois antisyndicales et de grèves des enseignants pour écraser le plan des académies.

Nous avons besoin de résistance contre le racisme, d’une pression pour forcer Cameron à laisser entrer plus de réfugiés, et de soutien syndicaux pour le convoi du 18 juin vers Calais.

Nous avons besoin d'une riposte dans les lieux de travail et dans les rues pour arrêter les conservateurs, ces millionnaires, racistes et hypocrites.

 

Charlie Kimber, traduction Antoine Larrache

 

Le vote pour la gauche du Labour a été faible presque partout. En Ecosse, le Solidarity de Tommy Sheridan et la nouvelle formation de RISE ont tous deux acquis seulement un petit nombre de votes. Le meilleur résultat est d'environ 1 pour cent pour chacun à Glasgow. Les résultats ont souligné la nécessité d’une alternative unie à gauche. Ailleurs, la Trade Unionist and Socialist Coalition (TUSC) a connu des résultats généralement décevants, mais il y avait bureaux, où ils ont dépassé les 5 %. A l'élection du maire de Liverpool, Roger Bannister de TUSC a remporté 4 950 votes, 5 % du total. Il a battu le conservateur, un indépendant et les démocrates anglais. Pour connaître les résultats de la TUSC, cliquer ici.

Un pdf de cette analyse est disponible anglais pour l'Angleterre et au Pays de Galles et pour l'Ecosse.

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