Riot Games : pas la pointe de la modernité, mais l’épine de la lutte ?

Riot Games, c’est la maison d’édition de l’un des plus gros jeux compétitifs en ligne (100 millions de joueurs réguliers), avec ses locaux bordés de verdure, bâtiments modernes, espaces de co­working, relaxation et massage. Tout semble taillé sur mesure pour le bien-être de l’employéE. Loin des usines, des chaînes, des pressions et des petits chefs, mais surtout des syndicats. Tous y sont des passionnéEs, l’enchantement c’est d’abord travailler sans compter ses heures. Mais les meilleurs postes et salaires sont voués aux hommes se réservant la possibilité d’écraser les femmes refusant leurs avances. Que du bonheur pour les hommes de pouvoir de l’entreprise. Là-bas, les femmes ne peuvent être des salariées à part entière. Elles ne sont passionnées par les jeux que « pour se rendre intéressantes » et de toute façon n’y sont pas aussi fortes que les mecs : un genre de connerie extrêmement répandu dans l’univers du jeu vidéo compétitif. 

Alors contre ça, à la suite d’une tentative d’enterrement de plusieurs dépôts de plainte pour sexisme et harcèlement sexuel, 150 employéEs (sur 2 500) de Riot Games en Californie ont fait grève la semaine dernière. Dans une entreprise à 80 % masculine, pas simple de se faire entendre. Pourtant, malgré les menaces de sanction et hors cadre syndical, elles et ils se sont réunis en AG et ont pris la parole, montrant une volonté de ne pas se laisser faire et ont été suivis quelques jours plus tard au studio de Dublin. Petite grève mais couverture internationale pour un problème mondial. Même au pays des toboggans, la révolte contre cette société fait rage et pas d’autre choix que de s’y coller.

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