Prisonnier-E-s basques : Non à la justice à deux vitesses !

Samedi 19 novembre a eu lieu à Bayonne une manifestation d’environ 2 500 personnes pour demander la libération de 11 prisonniers (preso) basques malades, en particulier celle de Ibon Fernandez Iradi, emprisonné depuis 13 ans à la prison de Lannemezan atteint d’une sclérose en plaques qui s’aggrave.

Sa demande de libération conditionnelle sera examinée jeudi 24 novembre. Elle lui a déjà été refusée à deux reprises alors que son état de santé est incompatible avec la détention. Pourtant la « loi Kouchner » du 4 mars 2002 prévoit que les prisonnierEs peuvent être libérés pour cause de maladie incurable ou si leur incarcération met en danger leur santé. Une loi qui a été interprétée de façon très libérale par la justice lorsque cela lui convenait, par exemple lors de l’« affaire Papon ». Condamné en 1998 à 10 ans de réclusion pour « complicité de crime contre l’humanité » du fait de son rôle dans la déportation des Juifs, il sera libéré quatre ans plus tard grâce à cette fameuse loi...

Plusieurs actions (refus de la nourriture, envoi de lettres, jeûne, etc.) ont été faites par les preso dans les prisons de Moulins, Rennes, Fleury, Fresnes, Meaux, Villepinte, Alençon, Saint-Martin-de-Ré pour demander la libération de Ibon Fernandez Iradi et pour appeler à cette manifestation. D’autres mobilisations sont aussi prévues en 2017 concernant les longues peines, certains prisonniers étant incarcérés depuis 26 ans. Cela sans oublier les exiléEs qui ne bénéficient d’aucun statut.

L’étau des deux États

Depuis les accords d’Aiete en 2011 et l’arrêt de la lutte armée par l’ETA, la société civile basque souhaite la « paix » et a pour cela mis en place un processus, pour le moment unilatéral... Car que ce soit l’État espagnol ou l’État français, ceux-ci n’ont pas fait le moindre pas ni exprimé la volonté d’y participer.

Bien au contraire, la répression augmente, avec, entre autres, l’application du FIJAIT (fichier judiciaire national automatisé des auteurs d’infractions terroristes) à d’anciens preso et d’autres incarcérations. Accorder ces libérations serait peut-être un premier pas de la part de ces deux États vers la résolution du conflit au Pays basque.

Pour le NPA, exiger la libération des prisonniers malades s’inscrit dans une perspective beaucoup plus vaste : celle de revendiquer la libération inconditionnelle des détenuEs basques, le retour des exiléEs et l’amnistie pour touTEs. Avec d’autres, nous continuons à nous battre pour y arriver.

Sylvie Laplace

 

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