Pour l’abolition de l’arme nucléaire !

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Les développements actuels en Asie du Sud-Est soulignent l’urgence d’une mobilisation mondiale pour le désarmement nucléaire. 

Nous assistons à deux mouvements contradictoires. D’un côté, la course à l’armement nucléaire a repris de plus belle. L’impact de la crise coréenne en Chine l’illustre. Jusqu’alors, Pékin considérait que la possession d’un nombre relativement limité de missiles et d’ogives lui permettait d’être membre du club fermé des puissances détentrices reconnues et d’appliquer la doctrine (perverse) de la dissuasion du faible au fort.

« Modernisation » de l’armement en Chine

Le déploiement des batteries de missiles antimissiles Thaad en Corée du Sud a changé la donne. Leur champ d’action couvre en effet une grande partie du territoire chinois, et pas seulement le nord de la péninsule, neutralisant dans une large mesure l’arsenal existant. Pékin doit en conséquence se doter d’une flotte de sous-marins stratégiques (à l’instar de la Russie) pour disperser son arsenal dans les océans. Il lui faut pour cela moderniser ses sous-marins et les rendre moins « bruyants », modifier son système de commandement, miniaturiser ses ogives, etc. Toutes choses qui ne vont pas de soi ; mais la décision de principe semble prise.

Lutter pour le désarmement

Le cas nord-coréen montre aussi que la prolifération se poursuit au-delà des détenteurs officiels (il y a déjà Israël, le Pakistan, l’Inde… demain le Japon ?).

Si l’arme existe, elle sera utilisée un jour, c’est une certitude. Des États comme les USA ou la France l’envisagent. La principale menace nucléaire sur le monde ne provient évidemment pas de Pyongyang et son microarsenal, mais de Washington. Il suffit d’écouter Trump…

La contre-tendance est exprimée par l’adoption à l’ONU du traité pour l’abolition de l’arme nucléaire, aujourd’hui ouvert à la signature des États – et boycotté par les grandes puissances.

Qui a entendu parler en France de ce traité-événement ? Le consensus nucléaire français tue jusqu’à l’information. À l’exception de certains pays (le Japon…), la gauche radicale ne s’est pas investie dans les mouvements pour le désarmement, s’en tenant au mieux à des pétitions de principe.

La crise coréenne pourrait être l’occasion d’un examen de conscience de notre part, prélude à un investissement politique sérieux sur une question ­proprement vitale…

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