OTAN : Le risque d’escalade

L’Otan a lancé ses exercices navals Baltops 2016 impliquant les bombardiers stratégiques américains B-52, 50 navires, 60 avions, hélicoptères et drones, ainsi que 4 500 militaires en provenance de 18 pays membres de l’Otan...

Ces exercices se déroulent du 3 au 18 juin dans la partie sud de la mer Baltique près des côtes de la Suède, du Danemark et de la Pologne.

La menace russe ?

Au même moment, à l’occasion de sa visite à Paris pour rencontrer Hollande au sujet du prochain sommet de l’Otan, qui se déroulera à Varsovie les 8 et 9 juillet, Jens Stoltenberg, son secrétaire général, n’a pas caché ses objectifs : « Ce sommet sera l’un des plus importants de l’Alliance en raison des modifications constantes de notre environnement sécuritaire. Nous devons répondre à une Russie plus agressive, à l’est, et à une instabilité nouvelle, au sud. Nous sommes en train de définir les deux piliers de notre action : comment dissuader – c’est la défense collective – et comment projeter de la stabilité dans notre voisinage. […] Notre plan de réactivité des forces et le renforcement de notre présence militaire à l’est – qui sera décidé à Varsovie – sont des réponses à la Russie, qui se montre plus agressive, a violé la loi internationale et a annexé illégalement la Crimée. […]Cela s’ajoutera à la mise en œuvre de notre nouvelle Force de réaction rapide, qui a été triplée pour atteindre 40 000 hommes, de notre nouvelle capacité de réaction – déployable en quarante-huit heures –, du prépositionnement d’équipements, de moyens supplémentaires de surveillance et de renseignement, ainsi qu’à l’installation de huit petits quartiers généraux à l’est. Tout cela représentera la plus grande adaptation de l’Otan depuis la fin de la guerre froide. »
« La plus grande adaptation » ? Cela signifie le plus grand redéploiement militaire pour faire de l’Otan le bras armé des USA et de leurs alliés occidentaux pour maintenir leur domination sur le monde.

Offensive militariste

Quelques jours plus tôt, le 30 mai, la déclaration issue de l’assemblée parlementaire de l’Alliance atlantique qui réunit 250 parlementaires des 28 pays membres, avait appelé à se tenir prêts à répondre à la « menace potentielle » de la Russie contre l’un d’entre eux. « Le défi en provenance de la Russie est réel et sérieux », a déclaré son président, l’américain Michael Turner.
La Russie dénonce cette offensive, avec en particulier en Roumanie et en Pologne le déploiement d’éléments du bouclier antimissile américain, considéré comme une menace pour sa sécurité. Il ne s’agit pas là, comme on l’entend souvent dire, d’un retour à la guerre froide, à l’époque où les USA et la bureaucratie stalinienne se faisaient, à travers leurs rivalités, les garants de l’ordre mondial. Le redéploiement de l’Otan face à la « menace russe » est partie intégrante d’une offensive militariste des USA face non seulement à la Russie mais aussi face à un monde instable où leur domination est de plus en plus contestée et les tensions exacerbées par la concurrence entre les grandes puissances.
Une offensive qui engendre des risques d’escalade militaire dangereuse, comme l’a montré le conflit en Ukraine. Le capitalisme porte en lui la guerre…

Yvan Lemaitre

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