Otan : Contre les migrantEs

Suite à la réunion de Bruxelles des 28 ministres de la Défense de l’Alliance, l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (Otan) s’est dite prête, jeudi 11 février, à « soutenir et à participer à une opération » navale de surveillance en mer Égée. L’Otan veut ainsi aider, à leur demande, l’Allemagne, la Grèce et la Turquie à faire face à l’afflux de migrantEs, selon les déclarations du secrétaire américain à la Défense, Ashton Carter. Selon lui, « il existe un réseau criminel qui exploite ces pauvres gens et il s’agit d’un trafic organisé. (…) Cibler [ce réseau] est le meilleur moyen d’obtenir des résultats. C’est le principal objectif ». Le commandant des forces alliées en Europe, le général américain Philip Breedlove, « est en ce moment en train d’ordonner au groupement naval permanent (…) de se rendre en mer Égée sans tarder et d’y commencer des activités de surveillance », a déclaré le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg.

Incapables d’apporter des réponses démocratiques aux drames des réfugiés, l’ouverture des frontières et la libre circulation, les États européens avec l’appui des USA n’ont d’autres réponses que policières, et maintenant militaires. Alors certes, l’Otan ne devrait pas agir militairement contre les migrantEs ou les dits réseaux de trafiquants, mais transmettre les renseignements qu’elle recueille aux garde-côtes turcs ou grecs. Et pour éviter un conflit entre ces deux pays, leurs bateaux ne quitteront pas leurs eaux territoriales respectives.

La mission navale de l’Otan agira en coordination avec Frontex, l’Agence européenne chargée de la surveillance des frontières extérieures de l’Union européenne. Police et armée main dans la main. « Il ne s’agit pas d’arrêter ou de repousser des bateaux de réfugiés », prétend hypocritement le chef de l’Otan. Sauf que les forces de l’Otan et Frontex se partageront les tâches, et l’objectif est bien de refouler les migrants. à quel prix en vie humaine ?

Dans un communiqué publié vendredi 12 février, Médecins sans frontières (MSF) a qualifié l’opération en préparation d’« aveuglement dangereux », rappelant que « plus de 300 hommes, femmes et enfants se sont noyés en mer Égée », considérant que la « militarisation de cette crise, avant tout humanitaire », ne résoudra rien. Elle ne fera qu’aggraver la situation...

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