Mobilisation lycéenne pour l’école publique en Grèce

Le lundi 10 février, 6 000 à 8 000 lycéenEs ont manifesté dans les rues d’Athènes, faisant franchir ainsi une nouvelle étape à une mobilisation qui a commencé dans quelques quartiers de la capitale et des banlieues.

Les raisons ? Elles sont multiples, avec comme goutte d’eau la loi concoctée par la ministre de l’Éducation, Niki Kerameos, qui, en alliant ultra-libéralisme, intégrisme orthodoxe et autoritarisme, est un archétype du pouvoir libéral de ce début de 21e siècle. Sa loi, contestée par l’immense majorité de la communauté éducative, permet de mettre sur le même plan les diplômes de l’université et ceux délivrés par des boîtes privées labellisées par des facs étrangères pour avoir une carte de visite leur permettant de faire payer très cher l’inscription. À l’occasion du vote de cette loi par ailleurs anticonstitutionnelle, de grosses manifestations ont déjà eu lieu, notamment à l’appel de OLME (syndicat des enseignants du secondaire) et de différents secteurs universitaires. 

« Bagne à examens »

Du côté lycéen, la colère contre cette mesure est d’autant plus forte que la situation des collèges et des lycées publics est souvent tragique : manque de profs, manque de crédits (avec parfois des salles non chauffées), subventions pour l’éducation publique insuffisantes à tous les degrés, avec limitation en vue des places en université qui menace l’accès des classes populaires à l’enseignement supérieur, instauration d’examens à tous les niveaux du secondaire (et évaluation des enseignantEs), transformant le lycée en « bagne à examens ». 

On le voit : c’est la même logique que le pouvoir tente d’imposer en Grèce et en France. Et très logiquement, on assiste ici aussi à un renforcement de l’autoritarisme hiérarchique. Du coup, les lycéenEs ont répliqué à la hauteur des attaques : plusieurs dizaines de lycées sont occupés, et le mouvement tente d’organiser une mobilisation d’ampleur et déterminée, comme cela s’entendait dans la manif ce lundi matin, pour laquelle OLME avait aussi décidé d’un débrayage. S’il est trop tôt pour savoir si la dynamique va s’étendre, on voit qu’après les mobilisations étudiantes de l’été et de l’automne contre la suppression de l’asile universitaire, il est sûrement l’heure de construire un mouvement de tout le secteur éducatif, en défense de l’éducation publique et gratuite pour toutes et tous, sans oublier d’avancer la dimension antiraciste, par exemple le droit des jeunes réfugiéEs à l’éducation.

À Athènes, A. Sartzekis

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