Leurs sales guerres qui nourrissent le terrorisme

36 heures après, Daesh a donc revendiqué samedi dernier l’attentat de Nice, sans qu’il y ait pu avoir beaucoup de doute sur les inspirateurs de ce massacre frappant aveuglément un public populaire, familial, un soir de 14 Juillet...

Cet acte ne pouvait que viser à rependre la haine, la peur, à dresser les populations les unes contre les autres dans un contexte où Hollande venait de dire une nouvelle fois qu’il prétendait faire de la lutte contre Daesh une de ses priorités.

Qu’importe les motivations personnelles de celui qui s’est fait l’instrument de cet acte monstrueux, « L’auteur de l’opération (...) menée à Nice en France est un soldat » de Daesh. « Il a exécuté l’opération en réponse aux appels lancés pour prendre pour cible les ressortissants des pays de la coalition », affirme ainsi l’agence Amaq, liée au groupe jihadiste. Cela ne veut nullement dire que l’attentat a été commandité, mais qu’il répond bien à la politique, aux méthodes et aux buts de Daesh. Et les rodomontades guerrières de Hollande et autres Sarkozy sont d’autant plus ridicules que les motivations de l’auteur du massacre ne seront jamais connues et qu’il n’avait pas de liens réels avec Daesh.

Les explications de cet acte monstrueux s’enracinent dans la décomposition sociale qu’engendre la crise du capitalisme tant au niveau national qu’international, ce que les hommes politiques de la bourgeoisie voudraient masquer. Car c’est précisément la guerre menée par Bush en Irak, puis celle de Sarkozy en Libye, et enfin celles de Hollande en Syrie et en Afrique, qui sont à l’origine de la déstabilisation de ces pays, de centaines de milliers de morts innocents, qui ont détruit des villes entières, jeté des migrants par centaine de milliers sur les routes d’un exode souvent mortel. Sans oublier que le développement de Daesh a bénéficié du généreux soutien financier de quelques fidèles alliés des États-Unis et de la France, comme l’Arabie saoudite ou certains émirats du Golfe, voire de la Turquie.

Crise capitaliste mondiale et état de guerre permanent

Leur guerre a nourri la haine et l’humiliation, une guerre qui vient justifier les prétentions de Daesh à rassembler les musulmans derrière sa folle ambition de la conquête du pouvoir et des richesses des pays dévastés par les puissances occidentales.

La gauche, pas plus que la droite ou l’extrême droite, ne peuvent dire qu’ils ne savent pas. Oui, ils savent pertinemment que l’intensification de l’intervention militaire française est non seulement inefficace mais qu’elle pousse dans les bras des djihadistes de nouveaux ­contingents de recrues.

Comment expliquer qu’un Tunisien vivant et travaillant à Nice depuis des années s’est transformé en « soldat de l’islam », capable de mourir pour la cause du califat universel dans la lutte contre l’Occident mécréant et impérialiste ? Les frustrations, le désespoir, la haine engendrées par leur folle société de chômage, de concurrence, qui détruit toutes les solidarités renvoyant chacun à sa solitude face à la violence, aux mépris sociaux, au racisme.

La prolongation de la crise capitaliste mondiale exacerbe les tensions sociales comme elle rend de plus en plus tendues et chaotiques les relations internationales au prix d’un état de guerre permanent. L’issue ne peut venir que des classes exploitées pour rompre la logique infernale qui se met en route contre elles, ici comme au Moyen-Orient, comme à l’échelle de la planète, pour le plus grand profit des Trump, Le Pen, Erdogan, Assad ou autres intégristes religieux, islamiques ou non.

Yvan Lemaitre

 

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