Les infirmières de Kaiser, à Oakland (États-Unis), en lutte

Jeudi 23 avril, à Oakland près de San Francisco, près d’une centaine d’infirmières de l’hôpital Kaiser ont bravé les interdictions liées au confinement pour manifester leur colère face à la gestion de la crise par la direction de l’hôpital. Car alors que l’épidémie bat son plein aux États-Unis, avec des dizaines de milliers de victimes en quelques semaines, les restrictions budgétaires se poursuivent de plus belle, y compris à Kaiser un des plus gros consortiums de la santé, à qui l’argent ne fait pourtant pas défaut. Ainsi, alors que l’hôpital prend en charge plusieurs dizaines de malades atteints du coronavirus, le personnel soignant se retrouve dramatiquement démuni de matériel de protection décent : masques, blouses, etc. Tout fait défaut, et tout est chichement distribué par la direction pour économiser sur les maigres stocks.

Cette situation déjà scandaleuse a été aggravée par la décision de l’hôpital, suivant en cela il est vrai les recommandations officielles, de faire recycler une partie du matériel de protection, tout en expliquant en dépit de la science et du bon sens qu’il n’y avait pas de risques de contamination. Cette annonce a mis le feu au poudre et a décidé de nombreuses infirmières d’apporter au travail et à leurs frais, leur propre masques N95, offrant une meilleure protection. Il n’en a pas fallu plus à la direction qui s’est empressée de menacer de sanctions pouvant aller jusqu’au licenciement toutes celles qui en porteraient, y voyant un geste « d’insubordination » ! C’est cette dernière provocation qui a convaincu les infirmières de Kaiser de sortir en nombre et de se faire voir. Une initiative bienvenue, en dépit d’une présence policière insistante, comme elles ont pu le constater par les nombreux et chaleureux coups de klaxon envoyés par les automobilistes passant à proximité.

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