Le Royaume-Uni suspend ses ventes d’armes à l’Arabie saoudite

« Le gouvernement n’a pas évalué si la coalition dirigée par les Saoudiens avait commis des violations du droit international humanitaire par le passé, pendant le conflit au Yémen, et n’a fait aucune tentative pour le faire ». Ainsi s’est exprimé, le 20 juin, le président de la division civile de la cour d’appel de Londres, saisie depuis 2015 par l’ONG Campaign Against Arms Trade (CAAT) au sujet des ventes d’armes britanniques à l’Arabie saoudite et de leur usage au Yémen. Dans la foulée, le gouvernement annonçait suspendre ses exportations d’armement vers le royaume saoudien, tout en précisant qu’il ferait appel de la décision de justice. 

Comme l’a expliqué Amnesty International, « la Cour a mis en avant un aspect crucial : l’importance des recherches que nous avons menées avec d’autres ONG et l’ONU, qui constituent des éléments de preuve fiables quant aux risques inhérents à l’approbation d’exportations d’armes vers l’Arabie saoudite ». Autant dire que l’incessant travail de documentation et de dénonciation des crimes commis par la coalition dirigée par l’Arabie saoudite a porté ses fruits, même s’il ne s’agit que d’une victoire partielle et provisoire. 

Il n’en demeure pas moins que cette décision peut être un point d’appui pour celles et ceux qui se mobilisent, dans les pays alliés de l’Arabie saoudite, pour que cessent les complicités de crimes de guerre. On ne peut que partager le point de vue de Bénédicte Jeannerod, de l’ONG Human Rights Watch : « La décision de la cour d’appel de Londres est historique et envoie un signal très fort aux pays européens, comme la France, qui continuent de vendre des armes à l’Arabie saoudite malgré ses violations systématiques contre les civils au Yémen. Le gouvernement français devrait en tirer les leçons et cesser immédiatement ses transferts d’armes à ce pays. »

J.S.

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