L’acharnement contre Salah Hamouri se poursuit

Le 26 février, le ministre de la Défense israélien Avigdor Lieberman, suivant les demandes du procureur et du Shin Bet (service de sécurité intérieur), a prolongé la détention administrative de Salah Hamouri pour une durée de quatre mois. L’emprisonnement arbitraire de Salah va donc se poursuivre, et de toute évidence Macron n’a pas jugé bon de faire pression sur son ami « Bibi ».

Salah Hamouri est détenu, depuis le 23 août 2017, sous le régime de la « détention administrative ». Cette procédure permet à l’armée de maintenir quiconque en prison, pour des périodes de six mois renouvelables à l’infini, sans chef d’inculpation et sans qu’aucune preuve ne soit produite. Salah Hamouri est ainsi incarcéré depuis plus de 8 mois sur la base d’un « dossier secret » auquel la défense n’a pas accès, au mépris de toutes les conventions internationales. 

Arbitraire colonial

À l’instar de la jeune Ahed Tamimi et de tant d’autres (on dénombre aujourd’hui plus de 7 000 prisonnierEs palestiniens), Salah n’a en réalité rien à se reprocher, si ce n’est de ne pas avoir baissé la tête face au régime d’oppression coloniale, et ce malgré une première longue incarcération entre 2005 et 2011. C’est ce que l’État d’Israël ne lui pardonne pas, et est déterminé à lui faire payer au prix fort : comme des centaines de milliers de PalestinienEs, qu’ils et elles soient militantEs ou non, Salah Hamouri est ainsi victime de l’acharnement d’une puissance coloniale qui, par des arrestations, des condamnations ou diverses interdictions administratives, perpétue une situation où l’oppression la plus brutale se conjugue à l’arbitraire et au harcèlement. Rappelons qu’Elsa, l’épouse de Salah, est interdite d’entrée en Israël, et donc dans les territoires palestiniens, depuis janvier 2016…

Complicité française

« Nous demandons que l’ensemble des droits de Salah Hamouri soient bien respectés et espérons sa libération. Nous demandons aussi que sa famille puisse lui rendre visite » : ainsi s’exprimait, en octobre dernier, Agnès Romatet-Espagne, porte-parole du Quai d’Orsay. Même si l’on pouvait se réjouir que les autorités françaises sortent de leur silence et prennent position sur la situation de Salah, incarcéré depuis le 23 août, les mots étaient soigneusement pesés : difficile en effet de ne pas relever la nuance entre « espérer » une libération et l’« exiger ». Au même moment, Emmanuel Macron n’hésitait pas à solliciter un entretien téléphonique avec Erdogan pour « exiger » (et obtenir) la libération du journaliste français Loup Bureau, arbitrairement détenu en Turquie. De toute évidence, pour Macron et les siens, il y a des détenus qui comptent plus que d’autres, et des gouvernements vis-à-vis desquels on s’empêche d’avoir des exigences.

La mobilisation doit se poursuivre

Après avoir appris cette triste nouvelle, Elsa Lefort s’est exprimée sur Facebook : « Si la décision d’aujourd’hui est une déception pour Salah, sa famille, ses proches et pour toutes celles et ceux qui sont attachés à la justice, ces six derniers mois nous prouvent que la solidarité et la mobilisation ne sont pas vaines. Ensemble, nous avons fait bouger les lignes et ensemble nous allons continuer, en mettant les autorités françaises face à leurs responsabilités. Nous les pousserons à faire respecter les droits de Salah et à mettre en œuvre tous les moyens nécessaires pour obtenir sa libération. Nous continuerons également d’interpeller inlassablement les médias mainstream qui passent sous silence cette injustice. » Le NPA rappelle toute sa solidarité à Salah et ses proches, et continuera d’être partie prenante de la mobilisation pour sa libération. 

Julien Salingue 

 

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