La tempête se déchaine aux États-Unis

Comme une furieuse tempête, la pandémie de coronavirus a atteint et commencé à ravager les États-Unis, qui comptent maintenant le plus grand nombre de cas recensés dans le monde.
 
Le coronavirus s'est propagé à tous les États de l’Union avec de grandes épidémies dans les villes de New York, Detroit, Chicago, La Nouvelle-Orléans, la Bay Area en Californie, Los Angeles, Atlanta et Miami. Partout dans le pays, il y a une pénurie de lits d'hôpitaux, d'unités de soins intensifs, de blouses, de masques, de respirateurs et de ventilateurs pour les soins. Les personnels de santé les plus exposés – médecins, infirmières, tous les autres personnels hospitaliers et les paramédicaux qui conduisent les ambulances – ont souffert de maladies et de décès et travaillent dans la peur.

La peur au travail

Le gouvernement fédéral et ceux des États ont demandé à plus de 158 millions de travailleurEs (sur un total de 200 millions) de rester chez eux. Les cadres et les technicienEs, les professeurEs et autres enseignantEs continuent d'être rémunérés et de travailler à domicile. Mais de nombreux salariés aux métiers essentiels doivent aller travailler dans la santé, les soins aux personnes âgées et aux enfants, les pharmacies, les épiceries, les entrepôts et les transports, les aéroports, la police et les pompiers, les systèmes énergétiques, la collecte des ordures, les services téléphoniques et Internet, et certaines autres activités essentielles de fabrication et de construction. Tous ceux et toutes celles qui continuent de travailler sont plus susceptibles d'être exposés à la maladie
Des millions de travailleurEs ont été licenciés et ont déposé une demande de chômage, le plus grand nombre dans l'histoire des États-Unis. Les allocations versées par les États et l’Etat fédéral en aideront beaucoup, mais d'autres n'ont aucun revenu. De nombreux et nombreuses travailleurEs domestiques sans papiers, par exemple, sont déjà à court de ressources.

En réponse à la crise sanitaire et à la récession, le Congrès a voté et Trump a signé un plan de secours de 2000 milliards de dollars qui prévoit des milliards pour les hôpitaux, les petites entreprises et les sociétés, ainsi que des mesures limitées pour les travailleurEs. Une mesure prévoit de verser jusqu'à 1200 dollars aux adultes (gagnant moins de 75  000 dollars par an) et  500 dollars supplémentaires par enfant. La loi étend également l’assurance chômage avec un montant supplémentaire de 600 dollars par semaine pendant quatre mois.

Grèves, protestations et entraide

Pour exiger que leurs employeurs ferment leurs entreprises ou bien les sécurisent, les travailleurEs se sont mobilisés dans les entrepôts d'Amazon, dans une usine de transformation de poulet, dans des magasins et des fast-foods. Des travailleurEs de l'automobile se sont mis en grève sauvage, obligeant leurs entreprises à fermer les usines. Les travailleurEs de l'assainissement de Pittsburgh ont quitté le travail pour protester. Les travailleurEs de la construction de New York ont ​​forcé l'arrêt de la construction non essentielle. Et les enseignantEs de la ville ont fait pression sur le syndicat et la ville pour fermer les écoles. Des infirmières ont manifesté contre le manque d'équipement de protection individuelle. Des centaines de groupes locaux d'aide mutuelle se sont formés à travers le pays pour aider les personnes âgées et les handicapés.

Les socialistes démocrates d'Amérique (DSA) s’étaient profondément impliqués dans la campagne de Bernie Sanders à la primaire du Parti démocrate, mais maintenant Joe Biden est loin devant, et la pandémie a rendu ce travail difficile. Le primaire continue théoriquement, mais bénéficie de peu d'attention. Bernie Sanders s'est battu noblement au Sénat pour améliorer le programme de secours tandis que Biden a pratiquement disparu. Donald Trump domine l'actualité, utilisant chaque conférence de presse sur le coronavirus pour faire également campagne pour sa réélection.

DSA a organisé quelques actions de protestation sur les lieux de travail et, avec les syndicats, s'est engagée dans l’entraide, critiquant la logique de profit dans le système de santé. Nous exigeons Medicare (l’assurance-maladie) pour touTEs, mais demandons également des nationalisations, des hôpitaux aux compagnies aériennes. Nous plaidons pour le socialisme. Mais bien que ces idées soient toutes importantes, elles risquent de ne pas être entendues lorsque le chômage et le loyer, la maladie et la mort retiennent toute l’attention des Américains. Il est urgent d’élaborer une stratégie.

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