La Guyane après les grandes manifestations du mardi 28 mars

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La mobilisation à passé une vitesse supérieur aujourd'hui au second jour de grève générale. D'énormes manifestations ont eu lieu à Cayenne et Saint Laurent du Maroni. Selon la Préfecture il s'agit des “manifestations les plus importantes qu'ai connu le territoire” 10 000 à Cayenne et 4 000 à Saint-Laurent selon la police. Sur Cayenne, il n'y avait pas moins de 15 000 personnes, aucun militant ne s'attendait à une telle déferlante. Toute la population dans toute ses composantes culturelles était mobilisée. Les Amérindiens ouvraient cette énorme marche, de très nombreux jeunes étaient présent, toutes les couleurs et groupe "communautaires" étaient représenté (on a vu des drapeau brésiliens, haïtiens, dominicains, des centaines de drapeau guyanais, un drapeau français et même un drapeau kanak) (oui, en Guyane tout le monde aime montrer son drapeau!). Au delà du drapeau, ce qui est intéressant c'est que pour la première fois toute la diversité culturelle a marché ensemble, faisant voler en éclats tous les préjugés qui gangrènent depuis un certains temps la Guyane. Les revendications xénophobes initiales des 500 frères laissent place à une unité populaire sans précédent. Le discours des 500 frères à d'ailleurs largement changé car maintenant ils revendiquent que “nous sommes tous guyanais, brésiliens, surinamais, haïtiens...)” “Nou tout guyanais”. Selon de nombreux commentateurs une nation serait née aujourd'hui. Je ne suis pas devenu nationaliste, mais il faut bien comprendre que cet élément est essentiel pour la conscience collective (dans les colonies le rapport de classe et lié aux rapport de race) et cette conscience collective peut vraiment faciliter le travail d'émancipation politique!

Sinon, sur le plan économique, rien ne bouge, tout est bloqué, tout est fermé, tout le monde a fait ses réserve pour tenir un mois. Le comité de convergence "Pou Lagwiyann dékolé" a plus ou moins réussi à maintenir son mot d'ordre de ne pas rencontrer la délégation interministérielle, vue ici comme un mépris car ne comprenant aucun ministre. L'arrivée de plusieurs ministres est annoncée pour la fin de semaine mais déjà certains syndicalistes refusent de rencontrer la ministre des Outres-Mer qualifiée de méprisante envers les guyanais! Bref “nou la, nou paré, nou ka tchembé réd, nou pa ka moli”.

Adrien

 

Un point sur la situation après une marche de 20 000 personnes à Kayenn, de 10 000 à Saint Laurent du Maroni, on attend les chiffres des autres communes : en France c'est l'équivalent de 6 millions de personnes dans le rue ! 

- à la fin de la marche : prises de parole de tous les collectifs : il y en avait tellement que le meeting à durer plus de 2 heures... 
- le Collectif des collectifs "Pou Lagwiyan dékolé" est tellement débordé par les revendications, qu'ils ont dû revoir leur copie, il voulait au départ donner la plateforme au pref, sans discussion ni négociation (ce qui est évidemment très bine !) ils ont été obligé d'y renoncer car beaucoup de collectifs n'ont pas eu le temps de remonter leurs revendications.
- La direction du mouvement est multiples, les 500 frères ont ouvert la marche, mais les cortèges de étudiants, et des guyanais étaient gigantesques !

Lila

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