Inde : un code de la nationalité anti-musulmanEs

Les élections législatives indiennes d’avril et mai derniers s’étaient soldées par la victoire de Narendra Modi, leader de l’extrême droite hindouiste, avec une confortable majorité de 303 sièges sur 543 pour son parti, le BJP (Bharatiya Janata Party). Un deuxième mandat pour Modi, élu suite à une campagne de haine, ultranationaliste et violemment antimusulmanEs. Surnommé « le boucher du Gujarat » pour son implication dans les pogroms anti-musulmanEs organisés en 2002 dans cet État qu’il dirigeait alors, Modi a fait sienne la rhétorique « antiterroriste » destinée à stigmatiser les musulmanEs et à flatter et renforcer les préjugés nationalistes hindous contre une communauté qui représente 14 % de la population de l’Inde. 

La semaine dernière, les deux chambres du Parlement indien ont adopté une loi réformant le droit de la nationalité en Inde, présentée par Modi comme motivée par « un esprit de compassion et de fraternité ». Une loi qui facilite la naturalisation des Afghans, Banglandais et Pakistanais, qui sont nombreux à se réfugier en Inde, leur permettant d’acquérir la nationalité indienne au bout de cinq ans – au lieu de onze. Mais la « fraternité » a ses limites, puisque, comme le souligne Libération (12 décembre), « seuls les adeptes de six religions pourront en bénéficier : hindous, bouddhistes, chrétiens, sikhs, jaïns et zoroastriens. Toutes les grandes religions régionales, sauf l’islam. »

Une discrimination institutionnalisée qui a suscité de vives critiques, notamment chez les musulmanEs – mais pas seulement – qui voient un cap supplémentaire franchi dans l’imposition d’un ultranationalisme hindou et antimusulmanEs. À l’heure où ces lignes sont écrites, de nombreuses manifestations de protestation ont lieu, violemment réprimées par le pouvoir. 

J.S.

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