Guerres, misère et crise climatique... Refusons le monde de Trump, Poutine et Macron !

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Macron a décidé de faire de Trump la vedette de ce 14 Juillet en prenant prétexte du centenaire de l’entrée en guerre des États-Unis contre l’Allemagne en 1917. Étonnante perversion, de la part de celui qui se dit européen convaincu et se prétend moderne, que de célébrer ainsi la Première Guerre mondiale.

Cette guerre fut un carnage pour le partage du monde où furent sacrifiés des millions d’hommes pour les intérêts des États capitalistes, de leurs bourgeoisies nationales et des marchands de canons, les Krupp et Wendel. Les USA sont alors intervenus dans cette barbarie impérialiste pour y défendre leur propres intérêts, étape dans leur conquête du leadership mondial. Leur domination sans partage a été établie au lendemain de la Seconde Guerre mondiale au nom de la défense de la démocratie, là encore au prix de millions de morts et d’énormes sacrifices imposés aux populations. Victoire couronnée par les bombes atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki. 

Maintenir le... désordre mondial

Les peuples coloniaux ont depuis brisé leurs chaînes et conquis leur indépendance sans que la volonté et la possibilité d’en finir avec la domination des classes capitalistes portées notamment par la révolution russe de 1917 triomphent. 

Aujourd’hui le capitalisme mondialisé, les multinationales et la finance dominent la planète entière. Le leadership des USA est battu en brèche par l’émergence de nouvelles puissances capitalistes comme la Chine. La libre concurrence globalisée et les rivalités entres grandes puissances, ou entre elles et des puissances régionales, engendrent une instabilité sans précédent, les guerres, la tragédie des migrantEs, un accroissement inimaginable des inégalités, une crise climatique qui menace la planète entière. 

C’est dans ce contexte que, le week-end dernier, s’est tenu à Hambourg, transformée en forteresse survolée par une nuée d’hélicoptères, quadrillée par les forces policières, le sommet des vingt principales puissances capitalistes. Toute la semaine a été marquée par les violences policières, à l’image du désordre mondial que celles-ci font régner contre les -travailleurEs et les peuples. 

Guerres commerciales et militaires

Les vingt plus grandes puissances mondiales sont confrontées au chaos qu’elles ont elles-mêmes produit à travers le développement des multinationales, la concentration du pouvoir économique à l’échelle internationale en un nombre de mains de plus en plus réduit. Leur concurrence acharnée, la course à la rentabilité financière, à la baisse du coût du travail ou au contrôle des sources d’énergies et des matières premières aboutissent à des tensions exacerbées, une guerre permanente au nom de la prétendue lutte contre le terrorisme, une montée des égoïsmes nationaux et du protectionnisme dont Trump est le symbole, un développement des forces réactionnaires d’extrême droite ou des intégrismes religieux. 

Dans ce chaos mondialisé, le G20 n’est qu’un théâtre d’ombres destiné à laisser croire que les maîtres du monde auraient des réponses aux maux dont ils sont la cause. Mais qui peut accorder le moindre crédit aux poignées de main, accolades et sourires de circonstance entre les Trump, Poutine, Xi Jinping et autres Erdogan ?

Une crise écologique sans réponse

« Nous prenons note de la décision des États-Unis d’Amérique de se retirer de l’accord de Paris », dit ainsi la déclaration finale du G20, pour la plus grande satisfaction de Trump. Là encore, c’est l’impuissance qui est affichée, sans qu’aucun des pays engagés dans l’accord de Paris n’ait ni la volonté ni la possibilité de lutter réellement contre le réchauffement climatique puisque tous défendent « leurs » capitalistes. 

Alors que les pays du G20 représentent à eux seuls environ 80 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, l’ONG Oil Change International a établi que les mêmes ont alloué, entre 2013 et 2015, plus de 215 milliards de dollars (190 milliards d’euros) aux secteurs du charbon, du gaz et du pétrole – un montant quatre fois supérieur aux subventions consenties aux énergies renouvelables.

La menace d’une crise financière

Comme si cela ne suffisait pas, un rapport du FMI publié  juste avant le G20 met en garde contre les « risques négatifs » pour l’économie globale que peuvent représenter « l’incertitude sur les politiques dans les économies avancées, les vulnérabilités du secteur financier […] Si on n’agit pas, cet ensemble de préoccupations pourrait constituer une recette pour une crise financière brutale ». La folie de la course au profit qui accumule sans cesse plus de richesses du côté d’une minorité au détriment de l’immense majorité de la population conduit la société à la banqueroute et à une crise globale dont les plus pauvres pareront le prix le plus lourd.

L’hypocrisie des maîtres du monde et les conséquences dramatiques de leurs politiques mettent à l’ordre du jour une nouvelle révolution, bien plus profonde que celle de 1789 ou d’octobre 1917 pour chasser du pouvoir l’aristocratie financière qui parasite et ruine la société à l’échelle internationale.

Yvan Lemaître