Grèce : "Ce projet de loi, ne vous avisez pas de le sortir du fond de vos tiroirs !"

Tout le laissait prévoir : la journée de grève nationale du jeudi 4 février a été une des plus massives de toutes ces dernières années, renouant avec l'immense mobilisation qui, au début des années 2000, avait contraint le gouvernement PASOK à remballer son projet de casse de la sécurité sociale.

Face à la catastrophe que représente le projet du gouvernement Syriza sur les retraites, les mobilisations ont commencé très fort dans différents secteurs, et les paysans tiennent des barrages importants dans plusieurs passages clé du pays.

Le plus impressionnant, c'était avant tout la grève : pas de chiffre national, mais des secteurs arrêtés (transport, éducation avec des milliers d'école fermées), pendant que le ministre Filis, disciple de Vallaud-Belkacem, n'a vu que 18,43 % de grévistes ! La société marchait au ralenti. Les petits commerçants, sur le fil du rasoir depuis des années pour ceux qui tiennent encore, avaient presque partout fermé leurs magasins.

La mobilisation est montée d'un cran

Partout aussi de grosses manifestations : celle d'Athènes réunissait 45 000 personnes selon la police, 100 000 d'après certains medias de droite qui crachaient sur les manifs sous les gouvernements de la droite alliée au PASOK, et qui commencent à savoir compter ! Regroupant de très nombreuses branches du public et du privé, la manifestation était en 3 blocs : le cortège du KKE ; celui de la confédération GSEE et de la Fédération du Public ADEDY, déclarant "unir une nouvelle fois leur voix, protestant contre l'anéantissement de la sécu que prépare le gouvernement (...) et les mesures catastrophiques du 3ème memorandum"; le 3ème bloc, celui des syndicats de base et de la gauche anticapitaliste. A l'unisson de la colère exprimée dans les slogans contre le projet de loi, ce bloc posait aussi la question de la suite immédiate de la mobilisation. Dans une déclaration commune, Antarsya et Unité Populaire appellent à une grande vague de grèves, avec nécessité de leur coordination,  liant tout cela à l'effacement de la dette et à la rupture avec la politique des patrons, des banques et de l'Union européenne.

La mobilisation est vraiment montée d'un cran. A noter : Syriza a salué à la fois la grève... et "les efforts du gouvernement" !

D'Athènes, A. Sartzekis

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