Élections aux USA, à l’image d’un monde malade du capitalisme

Le grand show politique de la campagne présidentielle, une série de télé-réalité vulgaire et agressive, donne une image inquiétante de l’évolution de la prétendue démocratie américaine.  Entre le démagogue Trump raciste, sa grossièreté sexiste, son agressivité, son chauvinisme et Hillary Clinton, la candidate de l’establishment politique et financier, il n’y a aucun enjeu pour les travailleurs. Certes le discours de Trump est inquiétant mais, aux USA comme ici, ce ne sont pas les électeurs qui décident de quoique ce soit mais bien Wall Street, le Pentagone et le FBI. Combattre la menace que porte le discours de Trump ne peut se faire par un bulletin de vote en faveur de Clinton dont le parti porte une lourde responsabilité dans la régression sociale qui frappe les travailleurs et les classes populaires américaines. 

 

Obama au service de l’offensive capitaliste

Ces élections marquent la fin de ce que la victoire d’Obama, en 2008, avait pu laisser espérer, l’ouverture d’une nouvelle ère politique qui tournerait la page des années Bush. « Vous et moi, nous allons changer ce pays, et nous changerons le monde », avait-il lancé alors. Huit ans après, le bilan ne laisse aucune place aux illusions. Les USA, première puissance mondiale, s’engagent dans une crise sociale et politique d’une ampleur qui ne peut se comparer qu’à celle de 1929.

La situation des classes laborieuses s’est dégradée. L’endettement de larges couches de la population ne cesse de croître. Les tensions sociales s’accentuent et, dans le même temps, le racisme en particulier contre les Afro-américains.

Après le krach de 2007-2008, Obama a signé un chèque en blanc à la bourgeoisie lui distribuant avec largesse des milliards de dollars. La dite croissance américaine, c’est une précarisation

croissante et un endettement colossal tant des particuliers, des entreprises que de l’État.

Quant à la politique étrangère, le prix Nobel de la Paix -ou plutôt des déclarations d’intention-, loin de rompre avec la politique de Bush, a renforcé le déploiement militaire américain dans le monde.

 

Les 1 % contre les 99 %

Les désillusions, les déceptions, la régression sociale et le desespoir offrent un terrain fertile aux idées réactionnaires, à la démagogie dont Trump, comme ici Sarkozy et Le Pen, s’est fait le sinistre propagandiste.

Hillary Clinton n’est pas un rempart face à cette menace. Ils sont du même monde, celui des classes dominantes. Quelque soit l’élue, elle ou il ne pourra qu’accentuer la politique menée par Obama contre les travailleurs et les peuples au seul bénéfice du grand capital américain.

Il y a bien deux Amériques mais ce sont celle des riches et des très riches et celle des travailleurs et des classes populaires. Cet antagonisme ne cesse de s’approfondir en même temps que les inégalités de plus en plus criantes aux USA comme  ici et partout ailleurs. C’est bien la politique des classes capitalistes qui en est responsable et engendre une décomposition sociale et politique dans le monde entier.

La réponse viendra des luttes et des mobilisations, à travers aussi le renouveau des idées du socialisme qui ont rencontré un large écho lors des primaires démocrates à travers la campagne de Bernie Sanders même si celui-ci s’est rallié à Clinton.

Aux USA comme ici et au niveau international, l’avenir est entre les mains des travailleurs et des classes populaires.

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