Élections aux USA : l’argent ruisselle

31 millions de dollars (28 millions d’euros) : c’est la somme que Michael Bloomberg a déboursée d’un seul coup pour des spots télévisés. Il faut dire qu’avec une fortune de 55 milliards de dollars (celle de Trump n’est évaluée qu’à 3 milliards), il n’est pas à un million près. Cette somme qui correspond à une semaine de publicité dépasserait à elle seule la totalité des dépenses à la télévision de tous ses concurrents réunis sur un an. Et ce n’est qu’un début !

Une vidéo résumant la vie édifiante de Michael Bloomberg va donc apparaître sur les écrans des États où vont commencer les primaires démocrates : son enfance dans une famille classe moyenne, la construction de sa fortune et de son empire médiatique, ses trois mandats de maire de New York... En résumé, « un créateur d’emplois, un leader ».

Le lancement de cette campagne (alors que Bloomberg avait annoncé en mars dernier qu’il ne se présenterait pas) ne doit sans doute rien au hasard. Bloomberg a été membre du parti républicain comme du parti démocrate. Et, s’ils n’ont pas grand chose à reprocher à Trump qui a baissé leurs impôts, son imprévisibilité brouillonne gêne les cercles dominants du capital US. Ils voudraient en quelque sorte un Trump « civilisé » et moins bovin sur l’environnement et les armes. À défaut de pouvoir le faire surgir des rangs républicains (que Trump verrouille), pourquoi pas du côté démocrate ? Ce n’est pas joué, Bloomberg ne tiendra peut-être pas le choc des primaires... mais il a les moyens.

Il ne faut pas oublier qu’il est le patron d’une gigantesque agence de presse : 2 400 journalistes, un fil d’actualités, des magazines, une station de radio, des podcasts, une chaîne de télévision...

S’il persiste, Bloomberg va essayer d’acheter les élections US. Et en toute légalité : depuis 2010, il n’y a quasiment plus de limite aux sommes qui peuvent être récoltées. Grandes fortunes et entreprises subventionnent les campagnes électorales et pèsent largement sur les résultats. Une illustration, s’il en était besoin, du fait qu’il n’y a pas de démocratie sans renversement du pouvoir de l’argent.

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