Égypte : Sissi assassin, Macron complice !

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La venue de Sissi en France normalise au niveau international la politique contre-révolutionnaire et répressive du maréchal Sissi. 

En effet, six ans après le soulèvement du peuple égyptien qui avait abouti à la destitution du président-dictateur Moubarak, les révolutionnaires et opposantEs se retrouvent aujourd’hui dans une situation plus que délicate, privés de toute possibilité d’expression et d’action politiques.

Détention provisoire de masse

En recevant le maréchal Sissi, Macron conforte le discours de ce dernier, assimilant toute opposition politique au terrorisme. Ce qui invisibilise les différents acteurEs progressistes de la société égyptienne et permet de passer sous silence le recours à la torture, aux enlèvements et à la détention provisoire que dénonce par exemple Human Right Watch.

En Égypte, plusieurs ONG accusent en effet le gouvernement et la justice égyptienne d’utiliser la détention provisoire comme un moyen de punition politique. Un cas célèbre est celui du photojournaliste Shawkan. Avec 343 autres personnes, il encourt la peine de mort pour avoir couvert la manifestation du 14 août 2013 contre la dispersion ultra-­violente du sit-in pro-Morsi de Rabaa Adaweya par la police égyptienne. Il faisait un reportage sur cette « évacuation » pendant laquelle les forces de répression ont tué plus de 1 000 personnes en moins de 24 heures. Il est aujourd’hui en détention provisoire depuis plus de trois ans, une violation du droit international mais également du droit égyptien. 

En Égypte, plusieurs centaines de personnes se trouvent en détention provisoire depuis plus de deux ans. L’ONG égyptienne Egyptian Initiative for Personal Rights (EIPR) estime que la détention provisoire a remplacé la détention administrative utilisée pendant les 30 ans d’état d’urgence sous Hosni Moubarak. Il y a eu plus de 60 000 personnes arrêtées depuis 2013.

Peine de mort 

Le recours à la peine de mort est en nette augmentation en Égypte depuis 2013 – année durant laquelle aucune exécution n’a eu lieu. Le nombre d’exécutions est passé de 15 en 2014 à 22 en 2015, et il a ensuite doublé avec 44 exécutions recensées en 2016. Le nombre de condamnations à mort a augmenté pour atteindre les chiffres de 509 en 2014 et de 538 en 2015, puis il a baissé, passant à 237 en 2016.

La venue en France du président Sissi s’inscrit dans le cadre d’une série de contrats d’armement signés entre les deux pays depuis 2015, L’Égypte a conclu des contrats de plusieurs milliards d’euros, comprenant 24 avions de combat Rafale, une frégate, deux porte-hélicoptères Mistral et des missiles.

Pour les révolutionnaires égyptiens, il est aujourd’hui important d’arrêter le soutien inconditionnel du pouvoir français à Sissi. Condition sine qua non pour obtenir la libération des milliers d’opposantEs égyptiens qui sont retenus dans les commissariats et prisons égyptiennes sous couvert de lutte contre le terrorisme. Il s’agit là d’une condition préalable indispensable à la reconstruction d’une opposition progressiste à la dictature militaire, ainsi qu’à la remise en marche du processus révolutionnaire mis en suspens depuis l’arrivé au pouvoir du ­maréchal Sissi.

Tomas Gub

 

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