Construire une organisation capable de répondre aux défis dans l’État espagnol

Le congrès d’Anticapitalistas, la section de la IVe Internationale de l’État espagnol, s’est tenu du 7 au 9 décembre. Le NPA y était invité : l’occasion de connaître davantage les débats des camarades dans le contexte des mobilisations en Catalogne et de l’usure du gouvernement Rajoy.

Rajoy est déstabilisé par les affaires de corruption, mais se sert pleinement de la crise catalane pour tenter de se renforcer en exacerbant le sentiment nationaliste espagnol et en soutenant les secteurs les plus réactionnaires du pays. Dans ce contexte, Podemos tente de se poser comme alternative crédible sur le plan électoral, de façon assez similaire à ce que fait La France insoumise ici. Pour tenter d’obtenir un succès, sa direction tente de se rapprocher du PSOE, libéral et presque aussi grillé dans les classes populaires que le PS en France.

Nos camarades interviennent à l’intérieur de Podemos depuis sa création. Ils et elles en ont même été parmi les fondateurEs à la suite du mouvement des Indignés, et se trouvent confrontés à des défis considérables, remplis de contradictions.

Mener des batailles dans Podemos

Le premier est de développer une orientation différente de celle de la direction incarnée par Pablo Iglesias, lequel se rapproche sérieusement de l’aile la plus à droite de Podemos, dirigée par Íñigo Errejón, pour opérer un tournant vers le PSOE. 

Le deuxième est de faire face à des responsabilités en tant qu’éluEs dans divers secteurs de l’État. Les camarades, qui sont moins d’un millier de militantEs, ont en effet obtenu plusieurs dizaines d’éluEs dans la dynamique du développement de Podemos. Ils et elles se retrouvent donc à devoir montrer que les révolutionnaires sont capables de répondre à cette situation – en particulier la position complexe de devoir gérer quelques villes – sans trahir les besoins des classes populaires, et en résistant au danger de bureaucratisation. Un temps important de leur congrès était consacré à cette nécessité.

Le troisième enjeu est de définir une orientation sur le problème de la Catalogne, combinant le soutien au processus d’autodétermination sur place et des mots d’ordre qui permettent aux classes populaires de tout l’État de se solidariser.

Renforcer l’indépendance d’Anticapitalistas

Le quatrième enjeu était un axe fondamental du congrès : la structuration d’Anticapitalistas. En effet, le recrutement de centaines de militantEs en quelques années, dans une situation politique qui reste difficile, nécessite des débats, de la formation. De plus, les menaces d’exclusion de la part de la direction de Podemos, la possibilité d’être écartés de tous les postes à responsabilité et les grandes limites démocratiques de ce cadre poussent les camarades à accélérer une mutation pour leur permettre de se renforcer en tant qu’organisation. Il s’agit en particulier de structurer davantage l’intervention dans la jeunesse et sur les lieux de travail.

La prochaine période sera sans doute très agitée dans un État de plus en plus instable et où Podemos se retrouvera à plusieurs reprises à la croisée des chemins dans son rapport aux institutions et au PSOE. Les camarades s’y préparent.

Antoine Larrache

 

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