Brésil : nouvel assassinat d’un défenseur de la forêt

On a appris le 2 novembre l’assassinat de Paulo Paulino, tué la veille lors d’une embuscade tendue par des trafiquants de bois dans la région de Arariboia, dans l’État du Maranhão (nord-est du Brésil). Paulo Paulino est membre de la tribu des Guajajara, et l’une des figures du groupe Les Gardiens de la forêt, organisation de défense de l’Amazonie face à la déforestation et aux expropriations. Il a été assassiné d’une balle dans la tête, tandis qu’un autre membre des Gardiens de la forêt, Laércio Guajajara, a survécu à l’embuscade même s’il a été lui aussi atteint.

Chaque année, au Brésil, ce sont des dizaines de militantEs défendant l’environnement qui sont assassinés (57 en 2017 selon l’ONG Global Witness), en général par des trafiquants ou par des bandes armées, qui bénéficient d’une totale complaisance de la part des autorités.

« En 2019, nous allons mettre en pièces la réserve autochtone de Raposa Serra do Sol [territoire autochtone au nord du Brésil]. Nous allons donner des armes à tous les éleveurs de bétail » : ainsi s’exprimait, en 2016, Jair Bolsonaro, futur président du Brésil, au cours de l’une des nombreuses tirades anti-indigènes de cet ennemi déclaré de l’environnement et des populations autochtones. Son élection a conforté les auteurs des assassinats de militantEs indigènes et écologistes et les a encouragés à les poursuivre. Ainsi, comme le rapporte le Monde (3 novembre), « 160 intrusions de trafiquants de bois ou d’orpailleurs illégaux ont été recensées de janvier à septembre cette année, soit une hausse de 44 % par rapport au total de l’année 2018 »…   

J.S.

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