Assemblée générale de l’ONU : Trump ou le chaos du capitalisme mondialisé

Ouvrant, le 25 septembre, la 73Assemblée générale de l’ONU, son secrétaire général, Antonio Guterres, a déploré un « monde de plus en plus chaotique », regrettant que « le multilatéralisme soit autant critiqué au moment où il est le plus nécessaire ». Trump, arrogant et goguenard, misogyne et fanfaron, se félicitant sans réserve de son bilan au point de s’attirer les rires ironiques de son auditoire, a largement justifié ses inquiétudes.

Au prétendu « globalisme », Trump a opposé la « souveraineté » des États, et surtout celle des USA, soucieux de défendre leurs intérêts face à l’exacerbation de la concurrence et des tensions internationales. 

Les USA n’ont de comptes à rendre à personne

Téhéran a pris la place de Pyongyang dans sa ligne de mire : « Les dirigeants iraniens sèment le chaos, la mort et la destruction  [...] Nous ne pouvons pas permettre au principal soutien du terrorisme dans le monde de posséder les armes les plus dangereuses de la planète », mais aussi de « menacer l’Amérique » ou Israël. Et, au passage, désinvolte et cynique, il déclare à propos de la Palestine : « J’aime bien la solution à deux États » !

Il dénonce pêle-mêle l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et l’OPEP. « Nous défendons nombre de ces nations pour rien et elles en profitent pour nous imposer des prix plus élevés du pétrole. Ce n’est pas bien. » Et d’exiger des échanges commerciaux « justes et équilibrés », pour justifier la guerre commerciale qu’il a engagée, en particulier contre la Chine qu’il accuse, dans sa logique complotiste, d’essayer « d’interférer dans les élections de novembre 2018 contre mon administration. » Et ce n’est pas tout : « Ils ne veulent pas que je gagne, ou que nous gagnions, parce que je suis le premier président à défier la Chine sur les échanges.»

À propos du Venezuela, Trump évoque « un régime qui, franchement, pourrait être vaincu très rapidement si l’armée décidait de le faire ». Quant à la Cour pénale internationale (CPI), elle n’a « aucune légitimité ni aucune autorité ». « Nous n’abandonnerons jamais la souveraineté américaine à une bureaucratie mondiale non élue et irresponsable »… En un mot, les USA n’ont de comptes à rendre à personne.

La loi du plus fort

Ces propos provocants ont suscité une indignation quelque peu hystérique de son ancien ami, Macron : « Nous sommes en train de voir aujourd’hui se déliter le droit international, toutes les formes de coopération comme si de rien n’était, par peur, par complicité. Moi je ne m’y résous pas.[…] L’ONU pourrait finir comme la SDN [Société des nations, créée en 1920] qui l’avait précédée, c’est-à-dire comme un symbole d’impuissance. […] Cette voie, celle de l’unilatéralisme, nous conduits directement au repli et au conflit, à la confrontation généralisée de tous contre tous, au détriment de chacun ». Ce constat est aussi un aveu d’impuissance face à la loi du plus fort qu’il prétend dénoncer, et à la concurrence capitaliste dont il fait l’apologie.

Macron, tout autant que Trump et que les autres représentants des États membres de l’ONU, participent à cette folle logique d’un système économique reposant sur la domination d’une classe et fondé sur la concurrence, l’exploitation, la course au profit. Inéluctablement, cette concurrence mène à la guerre commerciale mondialisée ouverte, à des tensions exacerbées, à un état de guerre chronique et menace l’ensemble de la planète d’un krach et d’une dépression mondiale. 

La politique des USA, dont l’économie en surchauffe draine des capitaux de toute la planète, en est le plus court chemin. Face à cette menace, les propos moralistes et hypocrites de Macron relèvent de la même incapacité des uns et des autres, des dits maîtres du monde, à contrôler la folle course vers le chaos.

Trump, comme Macron et leurs amis-rivaux, indique clairement aux travailleurEs et aux peuples que l’issue ne peut venir que de leur propre intervention politique.

Yvan Lemaitre

 

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