Après l'incendie du camp de Moria, au côté des réfugiéEs en Grèce !

Qui a mis le feu au camp de réfugiéEs de Moria ? Le gouvernement réactionnaire de Mitsotakis répond par un beau mensonge, en faisant croire que ce sont des réfugiés qui refusaient les « contrôles sanitaires ».

En fait, ce que refusaient les personnes détectées comme infectées par le coronavirus et leurs contacts, c'était d'être isolés non pas dans une clinique, comme on l'a lu, mais dans un baraquement encore plus insalubre que le reste du camp, et sans équipement sanitaire. Alors, ensuite, que ce soit peut-être les tirs de la police qui soient à l'origine du feu, comme l'écrit Prin (journal de NAR, principal groupe anticapitaliste) ou que soit clairement une révolte des damnés de la terre, comme l'écrit le militant révolutionnaire Panos Kosmas dans le quotidien Efimerida ton Syntakton, peu importe sur le fond, car toutes les associations humanitaires dénonçaient depuis des années le risque évident de catastrophe : les seuls responsables du drame, ce sont le gouvernement grec et l'Union européenne, qui ont cyniquement surpeuplé un camp prévu pour 3000 personnes et qui en recevait ces derniers temps 12 000. Et c'est toute l'odieuse politique grecque et européenne par rapport aux réfugiéEs qui est plus que jamais en cause !

Fuite en avant raciste

Depuis plus d'un an au pouvoir, la mal nommée Nouvelle Démocratie fait de la répression contre les réfugiéEs un axe majeur de sa politique : évacuation de nombreux squats hébergeant souvent des immigréEs, expulsion de réfugiéEs dotés du droit d'asile de logements provisoires en les jetant à la rue, et les chassant ensuite de places où ils tentent de s'abriter (place Viktoria à Athènes). Et la seule réponse du ministre des politiques migratoires, Mitarakis, reste de construire des camps fermés, refusant le transfert massif des réfugiéEs vers le continent.

Et du côté de l'UE, si on « gronde » Mitarakis qui ose être fier de son sale boulot, le bilan (en 2020 seulement 533 réfugiéEs ont été installés en Europe à partir de la Grèce !) et les propositions sont misérables : financer le transfert de 400 jeunes de Moria vers le continent grec, et accepter un éventuel accueil au compte-gouttes – 100 à 150 réfugiéEs pour la France ! Le dogme de l'Europe forteresse sera-t-il remis en question fin septembre (réunion des instances) ? On ne peut qu'en douter…

Pour une mobilisation anti-raciste puissante et durable !

L'une des raisons de l'urgence, c'est que le drame humain supplémentaire pour les réfugiéEs donne lieu à un nauséabond déferlement de haine et de violences. La première réponse de Mitsotakis à la catastrophe a été l'envoi de renforts policiers et de canons à eau pour empêcher que les réfugiéEs aillent « contaminer » les habitantEs de l'ile de Lesvos (bien plus de cas de virus que chez les réfugiés). Aux réfugiéEs qui revendiquent leur transfert sur le continent, la réponse a été les lacrymos, mais aussi l'apparition de commandos fascistes qui s'en prennent également aux solidaires, en toute impunité… Plus généralement, la presse de droite entretient une campagne de haine complotiste : « L'émeute des islamistes à Moria est une autre tentative du MIT (service secret turc) de déstabiliser la Grèce en créant un front intérieur » (journal Dimokratia), voilà le discours de la presse y compris « classique » de la droite, porté aussi sur place par des représentants de l’État, comme le président de région Moutzouris…

Face à cela la solidarité s'organise, sur place et dans le pays. Vendredi soir, des milliers de personnes ont manifesté à Athènes en exigeant l'ouverture des frontières pour les réfugiéEs, et d'autres initiatives sont en cours. Mais il y a urgence à développer dans toute l'Europe une solidarité antiraciste qui brise la politique des murs : les mobilisations en Allemagne ou l'appel international (http://chng.it/FwXvr7vR) montrent la voie !

D'Athènes

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