Afghanistan : Le Pentagone, l’Otan et les missiles…

Le secrétaire à la Défense des États-Unis, Jim Mattis, surnommé « Mad dog », « le chien fou », en raison de ses exploits militaires passés, et le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, étaient à Kaboul le 27 septembre.

Son objectif affiché était de discuter de la mise en œuvre de la décision annoncée par Trump, fin août, d’envoyer des renforts militaires pour tenter de reprendre en main une situation dont ils ont perdu le contrôle.  

Un accueil explosif...

À peine « Mad dog » avait-il atterri que six roquettes étaient tirées près de l’aéroport. Un civil a été tué et quatre autres ont été blessés. Les talibans ont revendiqué ces tirs, affirmant avoir « visé l’avion du secrétaire à la Défense américain ». « Mad dog » s’est indigné, dénonçant « un crime contre des innocents », puis, menaçant les talibans : « En fait, c’est ce qu’ils ont toujours fait, mais ils vont trouver les forces afghanes face à eux ». En lieu et place de forces afghanes, c’est un raid étatsunien déclenché en représailles qui a fait, dans la foulée, plusieurs victimes civiles dans un quartier résidentiel proche de l’aéroport de Kaboul. Les porte-parole de l’opération « Resolute Support » de l’Otan ont expliqué que « malheureusement, un missile a[vait] mal fonctionné causant plusieurs victimes civiles ». Le bilan exact de cette sinistre « bavure » n’a pas été communiqué : un des multiples « dommages collatéraux » de la guerre menée pas les USA et leurs alliés. Le nombre de ses victimes ne cesse d’augmenter et, si le tribut le plus lourd est payé par la population, les pertes de l’armée et de la police afghanes ont augmenté de 35 % en 2016, avec un total de près de 7 000 soldats et policiers tués en onze mois – et plus de 12 000 blessés.

« We are the good guys » 

« Nous sommes les gentils », a été la réponse d’un Mattis s’essayant à convaincre des bonnes intentions étatsuniennes. Les renforts annoncés par le Pentagone vont « nous donner un sérieux avantage sur tout ce que les talibans pourront tenter contre vos forces », a-t-il déclaré en s’adressant aux autorités afghanes. Pas question selon lui de laisser « les talibans, le groupe État islamique et le réseau Haqqani » se renforcer dans le pays. « Plus l’Afghanistan reste stable, plus nous sommes en sécurité », a martelé Stoltenberg, rappelant que « quinze pays membres de l’Otan ont déjà donné leur accord pour l’envoi de troupes supplémentaires » dans le cadre de l’opération « Resolute Support », commandée par John Nicholson, un général… étatsunien.  

En réalité, le Pentagone et l’Otan sèment la mort et le chaos à travers une guerre sans fin. Deux jours après la visite mouvementée de Mattis et Stoltenberg, l’État islamique revendiquait un attentat-­suicide perpétré contre une mosquée chiite du centre de Kaboul, six morts et une trentaine de blessés.

Les provocations et la nouvelle offensive militaire des USA et de leurs alliés nourrissent le terrorisme qui trouve de nombreux soutiens parmi une population meurtrie et humiliée. L’objectif des États-Unis n’est pas de protéger la population mais de justifier la poursuite de la guerre et de l’occupation pour conforter leur pouvoir, quoi qu’il en coûte.

Yvan Lemaître

 

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