11 septembre 2001 et politique du chaos

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«Ce jour-là, le monde a changé, mais nous avons aussi tous changé », a déclaré Trump à l’occasion de la commémoration des attentats du 11 septembre 2001. Ces attentats monstrueux contre les Twin Towers de New York et le Pentagone à Washington avaient fait près de 3 000 morts, soulevant une vague d’émotion et de stupeur aux USA et dans le monde.

Pour la première fois de leur histoire, les guerres menées par les USA venaient les atteindre jusque sur leur propre territoire. Ce jour symbolise bien un profond changement dont l’élection de Trump est un des fruits pourris.

Un mois après les attentats, Bush déclarait la guerre à l’Afghanistan et l’armée étatsunienne renversait cinq semaines plus tard le régime des talibans, accusé de cacher Ben Laden. L’armée et une large fraction de l’opinion états­unienne se dégageaient du « syndrome vietnamien ». Les attentats du 11 septembre ont permis au gouvernement de partir en guerre en étouffant toute contestation par une propagande chauvine largement relayée par les médias.

Une semaine après les attentats, le Congrès était saisi d’un projet de loi renforçant les pouvoirs de répression de la police et du FBI, le « USA Patriot Act ».

Le monde entrait dans l’état de guerre et d’urgence permanent.

En mars 2003, l’armée américaine envahissait l’Irak et, trois semaines plus tard, c’était la chute de Saddam Hussein. L’Irak n’avait rien à voir avec Al-Qaïda et Ben Laden, mais Bush a justifié la guerre en mentant sur les menaces de prétendues « armes de destruction massives »... qui n’existaient pas.

Seize ans après, ces guerres ne sont pas terminées. Elles ont semé la mort, la désolation, le chaos. Les troupes étatsuniennes et de l’Otan occupent toujours l’Afghanistan soumis à la violence, la corruption et la misère. Trump vient de décider d’y envoyer des renforts pour tenter d’y reprendre la main. Les USA n’ont d’autre solution devant les méfaits dramatiques de leur propre politique que la fuite en avant militariste.

Ce sont ces guerres qui ont largement contribué à enfanter l’État islamique et à créer un terrain pour le terrorisme.

Trump poursuit le travail engagé par Bush, et poursuivi par Obama, au nom de « la guerre contre le terrorisme », pour déployer un terrorisme d’État mille fois plus meurtrier contre des peuples entiers afin de perpétuer la domination mondiale des États-Unis et de leurs multinationales.

En retour, jamais depuis longtemps la contestation sociale et politique n’a été aussi forte aux USA : là est l’avenir.

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