Interdire le flash-ball

Les dramatiques événements de Montreuil (Seine-Saint-Denis) remettent le flash-ball sur la sellette.

Mercredi 8 juillet, Joachim Gatti, réalisateur de 34 ans, a perdu un œil après qu'un policier a utilisé cette arme contre lui, alors qu'il manifestait pacifiquement contre l'expulsion des squatteurs d'une clinique désaffectée.

Depuis mars, cinq personnes ont été blessées au visage par des tirs de ce « lanceur de balles de défense », selon les termes du fabricant, LBD. Comme pour le Taser (pistolet électrique), la généralisation du flash-ball, en 2002, est l'œuvre de Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur. Comme pour le Taser, le flash-ball amplifie la violence policière. Son usage s'est tellement banalisé, les policiers respectent si peu les conditions d'utilisation («visées au niveau du visage et de la tête proscrites »), que n'importe quel manifestant est désormais en danger.

La commission « Armes » d'Amnesty International et la Commission nationale de déontologie et de sécurité manifestent de grandes inquiétudes quant à la dangerosité de cette arme. Surtout qu'un nouveau type de flash-ball, le LBD 40, en expérimentation, capable d'atteindre « une cible » à 25-30 mètres (au lieu de 7), devrait s'ajouter à la panoplie des forces de répression.

Le droit de manifester est en danger. Il faut mener campagne pour l'interdiction du flash-ball et du Taser, par les forces de police et de gendarmerie.

Michel Gautier

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