Hôpital Hôtel-Dieu (75) : un vrai mirage !

Dans un article intitulé « Une victoire pour la santé publique », l’Humanité du 19 juin publie le courrier adressé par Martin Hirsch, directeur de l’Assistance publique - hôpitaux de Paris (AP-HP) à la CGT. Il annonce la réouverture des urgences de l’Hôtel-Dieu...

Tout en émettant quelques réserves, la CGT de l’AP-HP se félicite « de ce changement d’orientation, de la bouffée d’oxygène, du signal fort ». Pourtant, le service d’urgence sera partagé avec l’hôpital Cochin, ne recevra que les patients « ne nécessitant pas une prise en charge lourde » et il ne pourra y avoir que des hospitalisations de courte durée.
Après « l’hôpital debout » inventé par Jean-Marie le Guen, un nouveau concept est né : « les urgences légères »... Les ambulances et les pompiers seront à nouveau autorisés à amener des patients à l’Hôtel-Dieu, mais à défaut de services d’hospitalisation, ceux-ci seront, si besoin, orientés vers d’autres hôpitaux ou hospitalisés pour un court séjour en attente d’un lit disponible. L’Hôtel-Dieu se métamorphose en dispensaire, et deviendra une « gare de triage » des urgences.

Gains et profits ou hôpital public ?
Des expertises techniques et économiques et les instances devront confirmer les choix de Hirsch. Or, la Commission médicale d’établissement du groupe hospitalier Cochin - Hôtel-Dieu (représentant le corps médical), composée majoritairement de médecins exerçant une importante activité libérale en honoraires libres à Cochin, a utilisé des arguments fallacieux dans son combat pour la fermeture des urgences et autres services, inventant des manquements à la sécurité des soins, des urgences vétustes alors qu’elles ont été rénovées. Et les beaux bâtiments du plus vieil hôpital de Paris suscitent les convoitises des « investisseurs ».
L’Hôtel-Dieu a déjà été dépecé de la plupart de ses services, et la chirurgie ambulatoire et l’ophtalmologie seront à leur tour fermées en 2016. La bataille unitaire doit donc se poursuivre et se renforcer.

S. Bernard

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